• Il y a les jours...

    Il y a les jours...

                                                                                                        Illustration Margaux Motin

    Il y a les jours...

     

    Il y a les jours innombrables où je prendrais bien un de mes marmots pour taper sur son frérot.

    Façon de parler, évidemment, car il n’est rien de moins aisé que de parvenir prestement à attraper un de ses rejetons puis d’en faire usage sur un second. Techniquement, le premier se sera déjà carapaté lorsque vous aurez enfin réussi à coincer son homologue décomplexé.

    Ces jours là, je ne vois rien de moins utile qu’une tapette géante pour réussir à attraper ma progéniture fuyante.

     

    Il y a les jours où je crie beaucoup énormément.

    Je manque d’être aphone en fin de journée, ce qui les fera doucement rigoler, et qui n’est pas du tout -vous en conviendrez- le but escompté.

    Ces jours là, je ne suis même pas soulagée, et termine par me coucher immanquablement énervée.

     

    Il y a les jours nombreux où j’ai le décompte facile.

    Fumasse, je tempête, je crie et je menace. À l’endroit, je vais rarement au-delà de trois. À rebours, je démarre au quart de tour. J’ai plus ou moins de succès, c’est fonction, de l’intensité sonore, du ton, et du niveau d’excitation, s’il s’agit d’une sombre histoire de soupe, de champ de bataille, d’eau du bain ou de vilains jeux de mains.

    Ces jours là, exténuée, je rendrais bien volontiers mon tablier.

     

    Il y a les jours rares à la cool.

    Pas un bruit, ni le moindre problème, tout roule. Un puzzle, un livre, des légos, on roucoule.

    Ces jours là filent à toute allure. L’envie d’un cinquième pourrait même avoir le culot de poindre son nez, quel augure ! Curieusement, mais immanquablement, après ces douces journées cotonneuses, ces parenthèses incroyablement moelleuses pourtant si réelles, je finis lamentablement par entendre la sonnerie stridente du radio-réveil.

     

    Et puis, il y les jours où ils ne sont pas là. Ou bien il en manque un. Ou deux. Ou même trois.

    Au début c’est très sympa, j’irais même jusqu’à danser un cha-cha-cha. Le temps s’étire délicieusement, les minutes trainent, les secondes paraissent... Mais peu à peu, le silence si souvent imploré s’installe, sournoisement, insidieusement, déroulant une lourde chape de plomb, et pour finir, je m’ennuie fermement.

    Ces jours là, j’en viendrais presque à souhaiter voir débarquer dans mon salon Brouhaha, à invoquer Charivari, à conjurer Saint Tintamarre, démarrer seule un joyeux chahut, voire même solliciter le Dieu Tohu-Bohu.

     

    N’allez pas croire que je sois maso. Je crois juste que je les ai dans la peau.

    Je suis atteinte d’une douce folie. J’ai été contaminée par quatre terribles irrésistibles ouistitis.

     

    ©sixinthecity

    Fauteur de troubles... »

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  • Commentaires

    1
    damepoulaid
    Jeudi 16 Janvier 2014 à 22:53

    Magnifique j'adore ton style, c'est si bien écrit!

     

    2
    Jeudi 16 Janvier 2014 à 22:54

    merci!

     

    3
    Mardi 21 Janvier 2014 à 13:43

    Tellement vrai je mis retrouve totalement ;-) et pourtant je n'en est que 3, on crie tout le temps mais quand ils ne sont pas là c'est la cata.

    4
    Mardi 21 Janvier 2014 à 13:46

    ça s'appelle être maso, hein ? :-)

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