• L'invitée Surprise (Première Partie)

    L’invitée surprise.

     

                Elle débarque généralement une fois par mois. Des fois plus souvent, mais rarement moins. On ne l’entend pas arriver. Elle surgit de nulle part lorsqu’on s’y attend le moins. Dès les premières secondes de la journée vous sentez que ça s’annonce mal pour votre matricule... Vous vous réveillez en sursaut, un pensionnaire planté à trois centimètres de vos oreilles encore endormies, qui hurle à pleins poumons « Y a pas école aujourd’hui, pourquoi t’es pas levée ?! »

                À cet instant, vous savez d’instinct qu’elle est très certainement là. Qu’elle s’est invitée chez vous, que c’est votre tour et qu’il vous tarde déjà de vous recoucher tellement le programme à venir vous colle la nausée. Vous savez qu’elle vous attend, là. Juste derrière la porte de votre chambre : la journée de merde.

                La plupart du temps, comme aujourd’hui, elle se présente en classique, accompagnant le réveil qui n’a pas sonné. Quelquefois, histoire de rigoler, elle débute de façon différente. Il en existe toutes sortes de variantes, comme la coupure d’eau intempestive découverte sous la douche, ou encore le classique genou dans la table de chevet. Peu importe, le résultat sera le même, et la journée de merde va être à vos cotés durant les quinze prochaines heures.

                Vous vous frottez le visage, battez des paupières, domptez votre crinière de lionne emmêlée et partez à tâtons à la recherche de l’interrupteur. Le compte à rebours est d’or et déjà lancé. À coté Fort Boyard c’est de la gnognotte, 24HChrono de la rigolade. Le challenge est de grande envergure, il est même clairement impressionnant. Va falloir envoyer du bois les p’tits gars.

                Il est globalement 8h00, et par un bonheur tout relatif, les quatre pensionnaires ont dormi d’une traite jusque là. Cela pourrait vous mettre en joie, six mois qu’une telle chose ne s’est pas produite, mais vous maudissez le ciel que cela ne se produise jamais un samedi ou un dimanche. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, c’est comme ça. Comme la tartine qui tombe toujours du coté Nutella ou encore comme cette histoire de chaussette qui disparaît systématiquement dans le lave linge. Voilà voilà.

                Vous perdez donc instantanément les bénéfices d’une nuit réparatrice et balayez rapidement de votre esprit les bribes du merveilleux rêve dans lequel vous étiez vautrée pas plus tard qu’il y a cinq minutes. Une histoire de Nespresso avec Brad et de Maldives avec Georges, à moins que ce ne soit l’inverse, qu’importe, l’heure n’est plus aux tergiversations : ce matin vous êtes la seule adulte à la maison, il va falloir s’activer sévère.

                Vous vous transformez illico en commandant d’armée en période de crise écarlate foncée, et revêtez mentalement une tenue de Lara Croft à la mode pyjama. Le défi est de taille, il va vous falloir préparer quatre enfants en trente minutes et arriver avant que la grille de l’école primaire ne soit fermée.

     

    (Note de l’auteur : cette histoire de grille fermée est LE stress de Pretty-Poulette et si je ne veux pas qu’elle fasse des années de psychothérapie - à ce sujet en tous cas, parce qu’avec une mère comme moi elle n’est pas gâtée la pauvre, elle aura mille raisons -  il faut se bouger.)

     

                Reprenons, vous avez trente minutes pour gérer deux bols de lait, deux biberons, deux petits à habiller, les copies sont sur la table, prenez vos stylos. Heureusement pour vous, les deux grands se gèrent vestimentairement parlant, car, prévenante et organisée quelquefois vous sortez leurs vêtements la veille. Bien entendu, et c’est là toute la sournoiserie de la journée de merde, elle se pointe le jour où vous n’avez évidemment rien préparé. Vous balancez, façon capo, quelques ordres bien sentis du haut de l’escalier et laissez libre court aux assortiments divers et variés. Tant pis pour les yeux des maitresses qui auront a subir les assauts des associations aussi douteuses que colorées tentées par les deux ainés. À pois, à rayures et à paillettes, il y en aura pour tous les goûts et pour toutes les couleurs. Amis de la fashion police, bonjour.

                Pendant ce temps, vous vous hâtez, portant micro poulette d’un bras tirant Dragibus de l’autre, de dévaler les escaliers tout en respectant les consignes de sécurité de base. Si tant est qu’il soit possible de dévaler un escalier de façon tout a fait sûre avec deux mouflets dans les bras, mais passons, le problème est ailleurs aujourd’hui.

                Vous vous félicitez chaleureusement d’être parvenue au rez de chaussée saine et sauve (un peu d’autosatisfaction ne fait pas de mal) et mentalement vous commencez à préparer un bras d’honneur au fantôme de la journée de merde qui vous regarde en ricanant, présentement adossé à votre porte d’entrée, négligemment installé sur les cartables. Malheureusement, vous réalisez bien vite qu’elle est définitivement  plus forte que vous et que vous allez certainement devoir capituler. Vous, qui pourtant avez déjà survécu à des épisodes d’anthologie, du type vomis en série dans la voiture, ou encore gastros de groupe. Oui, elle est bien plus forte et elle se tient les cotes lorsqu’elle vous observe tressaillir sur LE Légo positionné sournoisement sur la dernière marche.

                Bon sang ! Mais c’est quoi leur problème aux gars de Légo ? Ils envoient des types la nuit ? Des copains des lutins du père Noël, des Minipouss ? J’en sais rien moi, mais c’est pas normal cette histoire ! La veille vous l’avez bien monté ce #### d’escalier, et vous l’auriez vu ce Légo de mes ###.

                Mais vous vous reprenez vite, ravalez vos larmes, vous en avez vu d’autres. Vous lancez quelques noms d’oiseaux, que Dragibus s’empresse de répéter en boucle sinon ce serait pas drôle. Vous essayez comme vous pouvez de vous rattraper en déformant illico les grossièretés, histoire qu’à la halte garderie on ne vous détaille pas avec un air de mérou : « Mutin mon chéri ! J’ai dit Mutin. Mais si ! Mutin de Mordel de l’Herbe, plus précisément. Si, si Dragibus, je t’assure ! »

                Il est déjà 08h05. Vous préparez les biberons avec une facilité déconcertante. En placez un dans le micro-ondes, tandis que vous secouez le deuxième de l’autre main, lorsqu’il se met bizarrement à pleuvoir dans la cuisine. Du lait.  Vous constatez alors que, détail qui a son importance, vous avez sottement omis de positionner une tétine sur le second biberon et que, multitâche même sans le vouloir, vous avez repeint couleur Banania Farrow and Ball, une partie du plafond. Passons, passons.

                Numérobis et Pretty-Poulette, ayant bien saisi l’urgence de la situation, se sont activés grave en bons petits enfants qu’ils savent se montrer parfois. Ils ont depuis longtemps appris qu’en situation de crise extrême il vaut mieux éviter de se frotter à la Reine Mère. Généreuse, vous n’évoquez même pas leurs tenues drôlissimes, Carnaval n’est pas si loin, ça passera peut être même bien inaperçu. Tandis qu’ils descendent fissa leur bols de lait et mange ce qu’ils trouvent dans le placard désert, vous collez un bib dans le bec de Dragibus, donnez celui de Micro-Poulette, puis enchainez sur l’habillage de ces deux derniers.

                Même consigne qu’à la descente, il est tout à fait dangereux de courir avec des enfants dans les escaliers, mais on aime le challenge ou bien ? Faut savoir ce qu’on veut deux minutes. Comme vous avez quand même déjà changé au bas mot 30 000 couches en 7 ans, pressionné des milliers de bodys et enfilé des milliards de chaussettes (non, j’exagère un chouïa, mais quand même par deux, ça chiffre plus vite, c’est mathématique.) vous faites cela à la vitesse de la lumière.

                Vous regagnez en un temps record le rez de chaussée, intimez à Pretty-Poulette et Numérobis de passer par la case lavage de dents et checkez votre montre : 08h15 ! Mais c’est qu’on va être à l’aise !!! Vous réprimez alors une envie soudaine d’entamer un Gangman Style et faites mentalement un bref tour de la situation. Voyons....Voyons, voyons... Déjeuner : check. Vêtements : check. Dents : check. « C’est curieux j’ai comme l’impression d’oublier quelque chose ? Non... Je ne vois pas bien, moi.... MOI !!! Mutin de Mordel de l’Herbe !!!!! ». Vous ne pouvez pas décemment sortir en pyjama ! C’est que vous avez une réputation à tenir ! Quatre gosses, pensez bien !! Si vous n’arrivez pas un minimum apprêtée ça va jaser et on va vous coller la Dass aux fesses ! Hop ! Hop ! Hop ! Ravalement de façade façon Ripolin-express-simple-couche. Après une douche froide, car l’eau chaude n’a même pas eu le temps d’arriver jusqu’au mitigeur, vous sautez dans un jean, enfilez le premier pull qui vous tombe sous la main et redescendez l’escalier en évitant de justesse un nouveau Légo ( WTF!?!)

     

    (Note de l’auteur : Je passe sous silence les cinq minutes qui se sont écoulées durant le séjour à la salle de bain. Au choix nous aurons eu, du castagnage Pretty-Poulette/Numérobis, de la rixe Numérobis/Dragibus, du tirage de cheveux Dragibus/Micro-Poulette. )

     

                De toutes façons vous êtes passée experte dans la compréhension des cris, savez juger s’il faut intervenir ou faire la sourde oreille, et saisissez dorénavant toutes les nuances d’aigues surjouées dans le but de vous faire punir à la va vite.

                Il est donc à peut près 08h21, et à votre retour dans ce qui était il y six minutes encore un salon mais qui s’est transformé en pièce ressemblant à la fois au stock d’une crèche et à la place du marché avant le débarrassage des ordures, votre odorat ne vous trompe pas : vous avez à faire à une urgence de type couchesque. Le fantôme de la journée de merde, à ce stade, se roule par terre en frappant le sol de ses petits poings sournois. D’un geste, aussi vif qu’avisé, vous pratiquez le fameux lever de marmot-reniflage, que tous les parents connaissent, et constatez, avec une joie modérée, que ni Dragibus, ni Micro-Poulette n’ont de soucis de constipation.

                Là, je tiens à faire un arrêt sur image pour les novices. On se trouve à un tournant décisif de l’action. Deux possibilités s’offre à nous. La technique du jeralememepasjefoncechangerlescouchesetjeserrelesdents ou bien celle du jefaislautrucheonverratoutalheure. Là, mon ami, si tu penches pour la deuxième solution laisse moi te dire que tu te fourvoies complétement, tu t’égares, tu te plantes : ressaisis toi ! Ta maman t’a pas appris qu’il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire le jours même ? Alors c’est pareil !!!! Tu changes la couche fissa sinon je te promets que tu vas le regretter plusieurs jours ! Car, âmes sensibles s’abstenir, si jamais tu remets le nettoyage de fesses (combo de deux ici je tiens tout de même à souligner l’exploit) à ne serait ce que quinze minutes plus tard, la probabilité que tu te retrouves avec les fringues, la combinaison pilote et, comble du comble, le revêtement de la poussette à nettoyer, est absolument énormissime. C’est un axiome de base en Maths, ça, nom d’une pipe !! T’as rien écouté à l’école ! Faut que je te fasse un dessin ?

                Donc je résume, vous ne prenez même pas le temps d’hésiter une seconde, remontez l’escalier à fond de train!!! (Consignes de sécurité, bla bla bla)

     

    Maintenant il ne faut pas se voiler la face. Il doit être, à l’aise, 8h27, et dernier carat il faut avoir quitté la maison dans huit minutes. (Tu le sens l’enjeu, là ?). Vous commencez à revêtir Micro-Poulette de sa combinaison pilote (propre : c’est bon ça !) et Dragibus de son trio manteau/écharpe/bonnet. Vous vous faites la réflexion que la journée de merde est encore moins bienvenue l’hiver, rapport à toutes les complications que cela engendre.

    A suivre …     La suite : c'est 

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  • Au commencement il y eut le premier enfant, Pretty-Poulette, merveille parmi les merveilles. Puis vinrent les trois autres, et autant l’avouer dès Numérobis... ce fut la débandade...

    Commençons par le commencement :

     

    La grossesse...

             Lorsque j’ai appris que Pretty-Poulette s’était nichée au creux de mon ventre je suis devenue instantanément, paix, joie et amour. Je serais la plus formidable des mamans, cet enfant allait être absolument parfait : le rêve absolu. J’ai clairement hésité à m’acheter des vêtements de grossesse à peine le test positif découvert. Non, en fait je l’ai fait, j’ai dévalisé des sites en ligne de pantalon taille élastiquée, tuniques informes et autres ceintures-bandeau. Je n’avais qu’un seul souhait que ce foutu ventre pointe son nez le plus vite possible, qu’il crève les yeux de toutes les personnes qui me croiserait : j’étais enceinte nom d’une pipe !

             Pour Numérobis, ce fut légèrement différent. Pretty-Poulette avait seulement neuf mois lorsque son petit frère s’installait dans la grotte... Autant vous dire que j’avais beau avoir perdu presque tous mes kilos de grossesse, comme me l’a fait alors remarquer mon adorable gynécologue « ah ! ça ! La ceinture abdominale hein, vous savez... » Vous m’aurez comprise, j’ai essayé de faire bonne figure et de garder mes vêtements de tous les jours le plus longtemps possible mais fus vite démasquée, à l’insu de mon plein grès cette fois-ci...

             Deux ans plus tard, nous avons eu la joie d’attendre un nouveau locataire : Dragibus. Bien décidée à ne pas me faire avoir, j’avais consciencieusement suivi tous mes cours de rééducation abdominale, le gros bidon allait attendre sagement qu’on lui dise de se pointer. Une sombre histoire de craquage, de Haribo et de gaufres liégeoises plus tard, j’abdiquais mais retardais encore le jour où je devrais me plonger dans mon sac de fringues désormais informes.

             Parents complètement siphonnés du bulbe, ou illuminés (je ne sais pas encore à vrai dire) Micro-Poulette s’annonça... Un autre problème se présenta alors, les vêtements de grossesse désormais usés jusqu’à la corde, au sens littéral du terme, les élastiques pendouillant, les boutons sautant, les bas de pantalons s’effilochant, il ne me manquait plus que deux ou trois chiens et j’aurais pu squatter incognito dans un hall de gare... Mais non ! Hors de question ! Par principe je décidais de ne rien racheter, promis juré craché cette fois c’est le dernier !

    Concernant la question de la préparation à l’accouchement...

             Lors de ma première grossesse, je pratique les exercices avec application, j’attends même les séances avec impatience : vivement le jour J !

             Pour Numérobis, le premier accouchement a eu beau se passer correctement je décide de ne pas y retourne. De toutes façons, ça n’a servi à rien, j’improviserai sur le moment.

             Lorsque j’attendais Dragibus, je me souviens avoir demandé une péridurale dès le 8ème mois.

             Concernant Micro-Poulette... Comment dire... Au quatrième enfant vous savez dès le test de grossesse positif que vous demanderez une péridurale. Mais vous savez également que ça ne fonctionne grosso modo une fois sur deux, et que pour vous le ratio est déjà de 2 sur 3... Au passage vous demandez une abdominoplastie dans la foulée, l’anesthésiste croit que vous plaisantez, vous sauvez les meubles par un « évidemment qu’est ce que vous croyez ! » assortie de votre sourire le plus fourbe.

    (Note de l auteur, une fois sur deux sera véritablement vérifié sur vous mais vous ne le saurez qu'à la fin, c'est plus drôle)

     

    Vêtements bébé...

             Pretty-Poulette : Vous prélavez chaque pièce de layette avec amour (le meilleur adoucissant hypoallergénique qui existe) par couleur, le tout repassé et rangé religieusement dans une commode immaculée.

             Pour Numérobis : Vous ressortez les cartons trois mois avant le terme, relavez ce qui semble taché ou passé. Vous ne repassez pas et rangez un peu en boule il faut l’avouer dans le commode au tiroir bancal.

             Dragibus : Les garçons aussi peuvent mettre du rose, non ?

             Micro-Poulette : les filles peuvent bien mettre du gris taché, non?

     

    Stress parental, organisation et Système D...

             Je pense que nous sentions avant Pretty-Poulette que celle-ci allait se mettre à pleurer, de ce fait elle vivait dans nos bras, dormait sur nos torses et la moindre micro-moue et le moindre simili-gaz nous mettait dans des états épouvantables.

             Lorsque Numérobis est né, nous avons de suite compris que l’enjeu était tout autre. Nous l’attrapions vivement lorsque ses cris menaçaient de réveiller Pretty-Poulette.

             À la naissance de Dragibus nous avons appris à nos deux ainés (évidemment surdoués) à remettre en route la balancelle.

             Lorsque Micro-Poulette est arrivée, je me souviens avoir appris à crier aux trois premiers "bébé pleure" assez fort pour que je l’entende de la douche du premier étage (Nous ne pouvions pas trop compter sur Dragibus qui commençait tout juste à s’exprimer)

     

    Hygiène et Tétine...

             Non la tétine ne passerait pas par nous. Mais l’enfant est fourbe, l’enfant est vicieux, et Pretty-Poulette m’a envoyé tant et tant de messages subliminaux auditifs que j’ai baissé les bras et lui ai cloué le bec. Je me souviens encore, avoir constitué un stock de tétines suffisant pour pouvoir n’utiliser que celles précautionneusement stérilisées.

             Numérobis n’a pas eu le droit au même traitement, mais il a reçu en contrepartie une tétine dès la maternité. Si la tétine tombait par terre, un petit coup sous le robinet et hop !

             Concernant Dragibus, discrètement un petit coup dans le bec et rehop ! (Ne me jetez pas la pierre, j’en vois dans la salle qui ont fait pareil)

             Ma Micro-Poulette... pas de tétine, on les cherche tout le temps, elle a donc appris (la brave petite) à téter sa lèvre inférieure, original et pratique à la fois

     

    Hygiène quotidienne...

             Pretty-Poulette, votre ainée, a la peau si douce et délicate... Vous la changez  bébé toutes les heures, même si la couche est propre.

             Numérobis : Vous changez votre bébé toutes les deux ou trois heures. Si nécessaire une petite vérification s’impose à moyen de l’élégant « lever de fefesse-nez de papa ou maman », en fonction de la situation.

             Dragibus... Vous essayez de changer les couches avant que votre entourage ne se plaigne trop de l'odeur ou bien qu'elles n'atteignent les genoux de votre merveille.

             Micro-Poulette : vous êtes en total free style. Il vous arrive de partir quelques heures sans sac à langer, et généralement numéro 3 et 4 font jouer leur instinct de survie.

     

    Jeux et Activités...

             Pretty-Poulette a connu les aires de jeux indoor, les piscines à balle, les bébés nageurs, les stages de motricité et la baby-Gym.

             Numérobis a tout de même connu la baby-Gym

             Dragibus a connu le supermarché et le marché, plus quelques tentatives à l’animalerie.

             Micro-Poulette : comme vous vous faites désormais livrer les courses, votre doucette ne sort désormais plus que pour chercher les aînés à l école, éventuellement le parc après la classe s’il faut beau mais le risque d’en perdre en route est encore un peu élevé, souvent vous vous dégonflez.

     

    Survie (sorties entre adultes sans enfant)

             La première fois que vous laissez Pretty-Poulette avec une baby-sitter, vous appelez chez vous cinq fois (en fait encore plus mais c’est vraiment trop la honte)

             Numérobis : Juste avant de partir vous vous rappelez de laisser un numéro où vous joindre.

             Dragibus : Vous laissez pour instructions à la baby-sitter de n'appeler qu'en cas de plaie ouverte.

             Micro-Poulette : Vous découvrez que Pretty-Poulette est douée pour la couture et se défend pas mal au Dr Maboul. La baby Sitter doit vous contacter uniquement si l'un des quatre enfants est à plus de 8/10 sur l'échelle de la douleur.

     

    Quotidien...

             Vous passez la journée à observer et filmer Pretty-Poulette.

             Vous passez une partie de la journée à vérifier que Pretty-Poulette n'est pas en train de pincer Numérobis, lui mettre les doigts dans les yeux ou le frapper avec une Barbie (dans le meilleur des cas)

             Vous passez une partie de la journée à vous cacher de vos enfants.

             Vous passez toute la journée à vous cacher de vos enfants et découvrez le réel intérêt du parc : Micro-Poulette est protégée de Dragibus qui a bel et bien décidé de la dévorer.

     

    Petits Objets...

             Si Pretty-Poulette avale une pièce (mais très franchement étant donné que vous la filmez toute la journée cela ne vous aurait pas échappé) vous vous précipitez à l'hôpital et exigez une radio.

             Quand Numérobis avale une pièce, vous vérifiez qu'elle finisse bien par ressortir

             Lorsque Dragibus a avalé une pièce vous l’avez déduit de son argent de petite souris à venir.

             Micro-Poulette : toute la fratrie apprend la manœuvre de Heimlich et s’autogère.

     

    Nostalgie...

             Pretty-Poulette a eu sept ans... Je n’ai rien vu passer...

             Numérobis a cinq (et demi !) .... Je n’ai absolument rien vu passer...

             Dragibus a deux ans (et demi !) .... Hein quoi !

             Micro-Poulette a onze mois. Et pourtant je vous jure que je suis sortie la semaine dernière de la maternité. Je m’escrime à l’empêcher de grandir, mais rien n’y fait. Elle a trotté de bonne heure, se lève depuis un moment, la marche n’est pas loin et ma toute petite n’en est bientôt plus une...

             S’il faut je lui casserais les jambes.

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  • L’inventaire à la Prévert revisité par les pensionnaires...

     

    L’autre soir chez Sixinthecity, s’invita le sujet de la poésie.

    Les pensionnaires, attablés devant leurs assiettes de pâtes au beurre/knacki,

    se lançaient dans la course du qui aurait le premier fini.

    Comme à l’accoutumée, l’excitation monta,

    et de fil en aiguille une coquillette vola.

    La patience rapidement je perdis, et un tonitruant SILENCE !!! dans l’air claqua.

     

    Au bout de quelques minutes, le calme s’installait,

    des devoirs de ma grande soudain je m’inquiétais.

    Pretty-Poulette, du haut de ses sept ans,

    son joli poème récita vaillamment.

    Le regard de ses deux frères je ne puis oublier,

    et me poile encore au souvenir de leurs yeux écarquillés.

     

    Quelle était cette histoire de Maurice Carême,

    qui conte l’aventure de deux éléphants crème.

    Numérobis s’inquiétait d’avance pour son futur CP,

    tandis que Dragibus, bouche bée, de sa sœur les paroles buvait.

    Dis Maman chérie ! Qu’est ce que la poésie ?

    À quoi sert de jouer avec les mots, si rien n’est vrai, si tout est pipeau ?

     

    C’est alors que mue par élan de pédagogie,

    votre servitrice dans des explications vaseuses se perdit.

    Une sombre histoire de rêverie, d’imaginaire et de magie.

    On me rétorqua qu’il n’y avait rien de fantastique à mélanger les mots et écouter leur musique

    Les Petshop, Pokémons -grrrr- Harry Potter, oui !

    Ton Prévert et Carême, c’est rien que du pipi.

     

    Sur le bienveillant Dieu Google « inventaire de Prévert » je tapais,

    et aussitôt (magie) la liste s’affichait.

    Je fis la brève lecture du poème en question,

    pour sombrer aussitôt sous un tas de questions :

    Mais dis donc c’est rigolo ! On en ferait pas un avec nos mots ?

     

    Je vous laisserai choisir entre original et copie,

    Qui est le plus inventif ? Jacques ou mes ouistitis ?

    L'inventaire à la Prévert de mes pensionnaires...

    Un baril (de Légo)

    Deux fermes Playmobil

    Trois cartons de Kapla

    Quatre heures

    Un square

    Des petits beurres

    Et un Aligatueur... (un Pokémon…what else...)

     

    Une douzaine d’œufs un kiwi un pitch

    Une plage en été

    Un hérisson

    Six Staracadémiciens

    Un escalier en colimaçon

    Un directeur d’école qui tient dans sa main un marqueur

    Et un autre Aligatueur

     

    Un vendeur qui vend des cornichons (sic ?)

    La fleur qu’on appelle pissenlit

    Deux petits enfants assis sur un tapis

    Une maitresse qui fait réciter les leçons

    Un fauteuil trois Shaun le mouton

    Un élastique un oncle

    Une crêpe

    Un nain nageant (sic ??)

    Une voiture de course

    Un enfant modèle deux frères malins

    Trois gazelles un petit machin

    Deux filles à moi un oncle Julien

    Une maman comme ça ! Trois papa cadeau deux chèvres et leurs bouquetins

    Un talon de douze

    Un fauteuil taché là

    Un buffet Alinéa deux buffets Roche Bobois trois buffets Ikea

    Un jean rapiécé

    Un bobine de fil trois épingles à nourrice un papa fâché

     

    Une victoire aux toupies Beyblade un élève deux cancres une homme au foyer deux magiciens trois mécaniciens

    Un joueur de football

    Une sortie géniale un double-poney un verre de jus de pomme un scarabée

    Un œuf à la coque un pirate à l’abordage un fil à la patte

     

    Un tournemain un palet un vilain une mocheté

    Un jour de fête

    Une semaine de vacances

    Un mois d’été

    Une année scolaire

    Une minute de calme !!!!!

    Une seconde où tout peut arriver

    Et...

    Cinq ou six Aligatueurs...

     


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  • C'est qui le patron ?

     

    C’est qui le patron ?

     

    Non mais sans blague ? C’est quoi votre problème ce soir les ouistitis ?

    J’ai affaire à quoi exactement, là ? Une rébellion ? Une mutinerie ?

    Va falloir y aller mollo, j’en ai vraiment ras la moumoute.

    Dites vous bien que sinon la Reine Mère va vite tailler la route.

     

    Ah ! Ca ricanera moins sans le groom de service,

    vous qui savez à peine reboucher le dentifrice.

    Ca pleurnichera, couinera, vous n’en mènerez pas large,

    quand vous aurez perdu votre femme de ménage.

     

    Moi, je vais clairement me poiler à vous espionner,

    renversant bols de lait et tartines grillées,

    portant vêtements froissés, j’parle même plus de propreté,

    la tignasse en pétard et une vieille goutte au nez

     

    Allons bon, Pretty-Poulette rigole ! Mais va-y te gène pas !

    Crois-moi si j’étais toi, je ne la ramènerais pas.

    Tes devoirs et leçons t’attendent de pied ferme,

    et il me semble que les soustractions, c’est pas vraiment ce que t’aime.

     

    Numérobis se rebiffe ! La série continue.

    J’suis sur une bonne lancée, je pars vite dans les aigus.

    Quand tes précieuses cartes Pokémon sous un meuble seront planquées,

    on verra vite de nous deux qui rira le dernier.

     

    Dragibus s’y met aussi ! Il est à bonne école...

    Pourtant généralement, il est mon pot de colle.

    Toi, c’est ton Doudou chéri que des yeux je vais fixer

    sans bien sûr te révéler l’endroit où il tu l’as encore fourré.

     

    Diantre ! Sacrebleu ! Pétard ! Nom d’une petite fouine !

    Micro-Poulette s’en mêle et démonte la cuisine.

    C’est bien la peine de t’offrir des tonnes de joujoux,

    pour que devant mes Tupperware tu te mettes à genoux.

     

    Ca y est la coupe est pleine des gouttes d’eau qui ont fait déborder mon vase.

    Démerdez-vous ! Gérez ! Vous connaissez les bases.

    Des pâtes dans le placard, des knackis au frigo,

    des bananes bien pourries, des gâteaux et Ciao.

     

    Si quelqu’un me demande je suis partie au Franprix,

    à la piscine, chez Carrefour, partout ailleurs qu’ici.

    Vous direz à Maurice que le bouchon a été poussé trop loin,

    moi pour l’heure, je ne veux même plus de vos câlins.

     

    Alors ça y est, on craque ? On abdique ? On est calmé ?

    Mon préavis de grève vous a découragé ?

    Faudra pas que ça se reproduise trop souvent mes petits choux,

    sinon je vous promets qu’au menu ce sera du Canigou.

     

    ©sixinthecity

     

    C'est qui le patron ?

     


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  •  

    Faut pas me chercher

     

    Fauteur de troubles...

     

    Non mais sans déconner, c’est quoi son problème, en vrai ?

    Qui est-il vraiment, au fond ?

    Quelles sont ses revendications ?

    M’en veut-il intimement, personnellement, ou bien a t’il décidé simplement de faire plus général, et de s’en prendre à la toute la gent parentale...

    En tous cas, moi, je peux plus saquer cet empafé, ni même l’empiffrer, cet empaillé.

    Pas une demi-journée sans qu’ils viennent me saouler, sans que j’entende piailler, quémander, supplier : « Une carte Maman ! Une carte ! Après c’est tout... promis, juré... je ne viendrai plus jamais jamais jamais t’embêter. »

    Mais je la connais la rengaine, je connais la chanson.

    Je ne suis ni née de la dernière pluie, ni le dernier des nourrissons.

    À peine un quart d’heure passé et de nouveaux assauts je dois encaisser :

    « Une carte Maman ! Une carte ! »

    Les cartes, les balles, les points d’énergie, ça suffit !!!!

    Quand je dis LUI, je dis EUX, car c’est qu’ils sont nombreux.

    De toutes formes, de toutes tailles et de tout poil, sans répit ils s’exercent à la bataille. Prêts à en découdre, je les guette, armée de ma plus grosse tapette, et les moindres recoins de la maison je suspecte et j’inspecte.

    Il me semble les voir partout, là un Pikachu, ici Réchiram, derrière le frigo Raïchu et dans la baignoire un Ouisticram.

    Mais qu’est ce qu’il s’est passé ? Où me suis-je plantée ? Je n’y comprends plus rien, mais me console en constatant que mes pensionnaires non plus.

    Ils échangent, extorquent, troquent à corps perdu, mais aux points et aux évolutions n’ont jamais rien entendu. Il y va de la bonne bouille des créatures, des noms, des griffes et des dentures. Rien de très académique... Pour ces bestioles, j’ai une aversion épidermique.

    Épargnez moi la vue d’un Coupenotte, d’un Poichigeon ou d’un Fluvetin, car je vous jure, je le promets, je ne réponds plus de rien. La moindre peluche Pokémon qui croisera ma route sans sommation se verra dynamitée, sans le moindre doute, je le jure sur la tête de Mélofée.

    J’ai bien essayé, mais rien n’y a fait, d’orienter, ailleurs, l’attention de mes mouflets.

    Vers les Stroumphs, Tintin et Astérix je me suis tournée. Les esprits des Fraggle Rock, de la Noiraude, de Téléchat  et Chapi Chapo j’ai invoqués, mais un refus catégorique je me suis vue opposé.

    Numérobis m’a avoué lors d’un tête à tête privilégié que ces maudites bestioles sans cesse l’obnubilaient, et que c’est pour cela que fou des fois il devenait...

    Même Dragibus, du haut de ses deux ans et demi à peine passés, s’est vu contaminé...

     

    Mais un chien de ma chienne à ces créatures j’ai réservé.

    Un feu de joie leur sera préparé ainsi qu’à ma complice TV si jamais au grand jamais ma micro-poulette est Pokémonisée.

     

    Foi de Roigada, parole de Roucol.

    Un conseil Pikachu file au Machu-Picchu.

    Je ne connaîtrais de répit que lorsque tu seras devenu tapis.

     

    ©sixinthecity


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  • Il y a les jours...

                                                                                                        Illustration Margaux Motin

    Il y a les jours...

     

    Il y a les jours innombrables où je prendrais bien un de mes marmots pour taper sur son frérot.

    Façon de parler, évidemment, car il n’est rien de moins aisé que de parvenir prestement à attraper un de ses rejetons puis d’en faire usage sur un second. Techniquement, le premier se sera déjà carapaté lorsque vous aurez enfin réussi à coincer son homologue décomplexé.

    Ces jours là, je ne vois rien de moins utile qu’une tapette géante pour réussir à attraper ma progéniture fuyante.

     

    Il y a les jours où je crie beaucoup énormément.

    Je manque d’être aphone en fin de journée, ce qui les fera doucement rigoler, et qui n’est pas du tout -vous en conviendrez- le but escompté.

    Ces jours là, je ne suis même pas soulagée, et termine par me coucher immanquablement énervée.

     

    Il y a les jours nombreux où j’ai le décompte facile.

    Fumasse, je tempête, je crie et je menace. À l’endroit, je vais rarement au-delà de trois. À rebours, je démarre au quart de tour. J’ai plus ou moins de succès, c’est fonction, de l’intensité sonore, du ton, et du niveau d’excitation, s’il s’agit d’une sombre histoire de soupe, de champ de bataille, d’eau du bain ou de vilains jeux de mains.

    Ces jours là, exténuée, je rendrais bien volontiers mon tablier.

     

    Il y a les jours rares à la cool.

    Pas un bruit, ni le moindre problème, tout roule. Un puzzle, un livre, des légos, on roucoule.

    Ces jours là filent à toute allure. L’envie d’un cinquième pourrait même avoir le culot de poindre son nez, quel augure ! Curieusement, mais immanquablement, après ces douces journées cotonneuses, ces parenthèses incroyablement moelleuses pourtant si réelles, je finis lamentablement par entendre la sonnerie stridente du radio-réveil.

     

    Et puis, il y les jours où ils ne sont pas là. Ou bien il en manque un. Ou deux. Ou même trois.

    Au début c’est très sympa, j’irais même jusqu’à danser un cha-cha-cha. Le temps s’étire délicieusement, les minutes trainent, les secondes paraissent... Mais peu à peu, le silence si souvent imploré s’installe, sournoisement, insidieusement, déroulant une lourde chape de plomb, et pour finir, je m’ennuie fermement.

    Ces jours là, j’en viendrais presque à souhaiter voir débarquer dans mon salon Brouhaha, à invoquer Charivari, à conjurer Saint Tintamarre, démarrer seule un joyeux chahut, voire même solliciter le Dieu Tohu-Bohu.

     

    N’allez pas croire que je sois maso. Je crois juste que je les ai dans la peau.

    Je suis atteinte d’une douce folie. J’ai été contaminée par quatre terribles irrésistibles ouistitis.

     

    ©sixinthecity


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