• Blues Mothers

    Un début de journée ordinaire.

    Une explosion de brique de lait, rapidement gérée.

    Un début de soulèvement des pensionnaires concernant une interdiction de TV, vite contenue.

    Une guerre fratricide ayant pour origine une sombre histoire de tour de Kapla démolie à coup d’épée en mousse, évitée, de justesse certes, mais évitée.

    Nous avions même poussé le vice jusqu’à réussir à gérer, en cinq minutes, la leçon que Pretty-Poulette avait oublié de réviser.

    À l’aise, la Reine-Mère.

    Quasi sans les mains, la gestion du Mansion.

    Presque trop facile...

    Pretty-Poulette et Numérobis à l’école, j’entamai avec Dragibus quelques activités manuelles aussi ludiques que variées, ayant pour seul but de canaliser son attention cinq larges minutes.

    Son choix se porta bien évidemment sur la peinture ou encore la pate à modeler, mais grâce aux ruses de diversion que je maitrisais désormais parfaitement (inspirées des Cités d’Or et de Nils Holgersson et les oies sauvages) je réussis aisément à le remettre dans le droit chemin des passe-temps autrement moins salissants, à base de cartons, de ficelle et de rouleaux - vides – de sopalin.

    Micro-Poulette babillait gaiement tout en longeant les murs de notre séjour, mais tenta une percée vers l’énième tour de Kapla érigée - dans un élan désespéré - par Numérobis juste avant de quitter le Sixinthecity Mansion, et dont j’étais bien évidemment la gardienne jusqu’au retour du bâtisseur.

    D’un bond je la rattrapai, évitant ainsi le massacre de l’édifice et la crise de larme qui serait immanquablement advenue à l’heure du goûter.

    Non, vraiment... D’un classique cette matinée...

    Il me sembla alors que je n’avais plus goût à rien.

    Plus de challenge, plus d’enjeu.

    La routine s’était installée chez mes pensionnaires et je m’attristai de leur manque d’ingéniosité.

    Nom d’une pipe ! Mais n’étaient-ils pas de sang royal ?

    N’étais-je pas en droit d’exiger un minimum de qualité dans leurs entreprises ?

    Tristement déçue. Voilà ce que j’étais.

    Je devais l’admettre, j’étais en proie à une sorte de spleen maternel : mes rejetons étaient d’un banal à pleurer.

    Retenant mes larmes, j’eus subitement un de ces désormais fameux éclairs de lucidité qui me caractérisent. Je farfouillai de mes mains tremblantes dans mon royal sac à main. Là, parmi les choco-BN écrasés, sous des emballages de schokobons, enseveli sous un paquet de lingettes desséchées, je trouvai enfin le Graal : un petit carnet...

    J’ôtai un bouchon de pom’potes qui s’y était collé et tournai fébrilement les pages : voilà !

    Le numéro de Queen-Mummy ! Cette mère de presque neuf enfants connues dans la galaxie entière pour ses conseils en parentalité. La MÈRE par excellence. Il me fallait absolument son avis.

    — Tiens ! Reine-Mère ! Ça roule, ma poule ? Pas trop fâchée depuis l’histoire de la fonction cachée ?

    — C’est pas le sujet Quenny. Si je vous appelle, c’est que je pense avoir le Blues Mothers.

    — Non !!! Pas toi Reinette !

    — Si. J’ai le moral au fond des Dim’up. Le cafard, le bourdon... Bref, c’est pas la frite.

    — Et ben alors ! Qu’est ce qu’il se passe ? Tes pensionnaires t’en font voir de toutes les couleurs ? Si c’est ça, tous en machine avec une lingette Décolor’Stop.

    — Nan ! C’est même le contraire, ô grande prêtresse de la parentalité. Ils sont devenus trop prévisibles. Je crois que je m’ennuie.

    — Oh ! Toi tu nous fais un « Born Out ».

    — Un quoi ?!

    — Un « Born-Out ». Tes grossesses t’ont usée. Tes hormones font du Hula Hoop et tu broies du noir au lieu du rose layette. Tu as l’impression d’être blasée, tu gères tout à la perfection et tu penses que le train train s’installe.

    — C’est exactement ça... Mais alors ?

    — Jeune Padawan... Patienter tu devra. De nouvelles catastrophes bientôt au Mansion arriveront. Enchantée, tout d’abord tu seras. Puis, furax ensuite tu deviendras. Et le quotidien chez les Sixinthecity reprendre pourra.

    — Ah bon ? Vous êtes sûre de cela, ô Diva du Co-dodo ?

    — Catégorique je suis. Queen Mummy je resterai. Si trompée je me suis, qu’en Chipeur le Renard transformée je sois.

    — Bon...Très bien... Merci Quenn-MummYoda.

    Je raccrochai tout à fait perplexe. La monumentale Quenny commençait à yoyoter sévère de la calebasse.

    Non, la vérité était tout autre, j’en étais malheureusement consciente : mes pensionnaires n’avaient pas le niveau.

    J’étais condamnée à de piètres expériences et à de mornes inventions durant les vingt prochaines années.

    La mort dans l’âme, je collai Dragibus devant Shaun le Mouton, Micro-Poulette à la sieste du matin, et entamai la tournée des grands ducs : j’entends par là une petite aération nécessaire des chambres avant qu’un réel fauve ne s’y sente chez lui, doublée d’un brin de ménage.

    Chez Numérobis, les petites voitures rangées façon maniaco-dépressif selon une ligne droite absolument parfaite faisaient front à une armée de petits soldats prêts à en découdre. Des chaussettes sales orphelines ornaient des piles de livres, les fèves se mêlaient aux billes, et des crayons de couleurs se liaient d’amitié à des cuillères en plastiques. Terriblement décevant.

    Chez Pretty-Poulette, des bandes dessinées ornaient le sol. Un énorme ours en peluche offert par sa marraine avait revêtu une robe Rebelle taille 8 ans, et des serres têtes servaient de crochets à une cabane faite de couvertures et autres vêtements. Pathétiquement commun. Lamentablement ordinaire.

    Non, décidément Queen Mummy avait perdu de sa superbe.

    Ses conseils ne valaient plus une roupie de sansonnet : mes enfants devenaient aussi prévisibles qu’un épisode de plus belle la vie.

     J’en étais là de mes lamentations lorsque je poussai la porte de la salle de jeux.

    Je fus de suite frappée par la beauté de la représentation qui s’offrait à moi.

    Là, sous mes yeux, se tenait toute notre petite famille : de Papa Schultz, à Micro-Poulette, de Dragibus à Pretty-Poulette en passant par Numérobis, nous étions tous dessinés.

    Mon cœur se gonfla instantanément de joie, et manqua d’exploser lorsque mon regard s’arrêta sur MA représentation.

    Reine-Mère en personne joliment tracée : une belle couronne vissée sur la tête, entourée d’une multitude de cœurs et d’étoiles, le tout dans des couleurs aussi gaies que chatoyantes !

    Étouffée par la fierté, je tentai avec grand peine de me remettre de mes émotions.

    Quelle œuvre, quelle beauté, et cette finesse du détail, ce souci de la précision dans le trait ! Et le plus beau, surtout pour le cœur d’une maman : une œuvre collective !

    En bas du magnifique dessin, Pretty avait délicatement inscrit son prénom en attaché, Numérobis en grandes lettres majuscules, et je les soupçonnai tous deux d’avoir aidé Dragibus à gribouiller un incompréhensible mais ô combien émouvant gribouilli !

     

    Je ressentis alors ce que m’avait prédit le puits de Sciences Maternelles qu’était définitivement Queen Mummy...

    Je me sentis soudain comblée d’amour.

    Un large sourire imprima mon royal visage.

    Mes joues rosirent avec élégance et mon pouls s’accéléra un chouïa.

    Puis, tel un second effet Kiss-Cool, je sentis une rage d’une force absolument considérable monter du plus profond de mes entrailles et gagner le fond de ma gorge. Cette haine se mua en un cri d’une puissance phénoménale, entendu, j’en suis certaine, jusqu’à la cour de l’école, distante de plus de 500 mètres du Sixinthecity Mansion.

    Ce dessin.

    Cette fresque.

    Ce chef d’œuvre à l’éclat resplendissant et aux reliefs si subtilement soulignés avait comme support le mur de la salle de jeux.

    Un mètre par deux.

    Au Velléda.

    Non, je n’avais pas à me montrer inquiète, j’avais encore de beaux jours devant moi.

     

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Si tu ne le fais pas, quelque part dans le monde un enfant perdra son doudou, et ce sera pas bon pour ton karma.

     

     


    8 commentaires

  • Les 10 choses qui prouvent que trop d'enfants vivent sous votre toit.

     

    Ce matin-là j’avais été dérangée durant un tête à tête avec Jude Law, par les chatouillis du lémurien que nous avions apprivoisé ensemble : Pipounet. 
    Sacré Pipounet ! 
    Jude était plié de rire, et du coup celui-ci recommençait de plus belle ! 
    Impayable ce petit mammifère ! 
      
    Enfin, c’est ce j’ai cru... 
    Jusqu'à ce que je réalise qu'au défaut de Pipounet il s'agissait des petits doigts visqueux de Dragibus qui avait décidé d’entamer une excursion de mes cavités nasales pour, je cite : « igoler ». 
    Ça ne sait même pas parler correctement et ça vient vous triturer les narines sans y être invité... 
    Mes premiers mots de cette journée, emplie de belles promesses, furent donc : 

                                                                    —  ÇA SUFFIT !!!!! 
      
    Estimant que 6h45 devait donc s’apparenter à ce qu’on appelle une grasse matinée en langage Dragibussien, je quittai à regret mon lit. De toutes façons, Jude et Pipounet n’étaient déjà plus qu’un lointain souvenir. 

    Arrivée dans ma cuisine, ou pour être plus précise, devant ce que je pouvais apercevoir de mon frigo dissimulé sous une tonnes d’aimants fantaisie et de ce qui s’apparentait à des dessins, j’eus une véritable révélation : 

                                 Il y avait beaucoup trop d’êtres de moins de huit ans qui vivaient dans mon domicile. 
      
    Je vous fais donc part d’un communiqué du FLFATE (Front de Libération des Femmes Ayant Trop d’Enfants) que j’ai crée sur le champ : 
      
    1 — Peux t’on décemment concilier un réfrigérateur couvert de magnet's Danonimo ou de ceux « carte de France » Le Galois (évidemment jamais complétée) et un intérieur design façon Valérie Damidot ? NON !!! 
      
    2 — Est ce normal d’avoir en permanence des vaccins dans ledit frigo car il y a TOUJOURS un rendez-vous médical à programmer (quand il n’y en a pas à prendre en urgence) ?NON !!! 
      
    3 — D’ailleurs : tutoyer son gynéco, appeler la pharmacienne par son prénom, et partir en vacances avec son généraliste, vous trouvez ça normal, vous ? NON !!! 
      
    4 — Trouvez-vous décent de reconnaître n’importe lequel dessin animé récent au bout de seulement trois notes ? Et d’avoir le générique en tête toute la journée ? NON !!! 
      
    5 — Pensez-vous qu’il soit normal pour un adulte de déclarer devant un épisode de Danny le tigre « Tiens ! On l’a pas déjà vu celui-là ? » : NON !!! 
      
    6 — Que Jouets par milliers et SuperJouets vous contactent pour vous demander si n’avez pas de stock car ils sont en rupture, est ce bien raisonnable : NON !!! 
      
    7 — Avoir l’impression de connaître personnellement toutes les Princesses Dismey et que les jouets de Boy’s Story font partie de la famille... Vous ne pensez pas qu’il y a comme un petit problème : SI !!! 
      
    8 — Que les murs des chambres d’enfants amoureusement peints, religieusement décorés avant leurs naissances soient couverts de traits de crayons et de graffitis, c’est normal ça :NON !!! 
      
    9 — Se réjouir lorsque l’on reçoit le Journal de Mickey au lieu de BIBA. Scruter le démarrage des soldes de boutiques de fringues pour enfants au lieu de celles de vêtements d’adulte : vous ne pensez pas qu’il y a comme un gros souci ? SI !!! 
      
    10 — Que le frigo soit rempli de Kmackies, de Flamdy, de Mache qui rit, de Barybel et de quoi ??? UNE CHAUSSETTE SALE !!!!??? C’est juste pas possible, non ? OUI !!! 
      


                                           Alors Rejoignez Reine-Mère ! 

     Ensemble liguons nous contre ces abus de marmailles en tous genre !   

    Et n’hésitez surtout pas à ajouter des points à notre liste de revendications ! 
    Bon, déjà si on arrive à négocier cinq minutes par jour aux WC tranquille, ce sera déjà une petite victoire, non ? 
      
                                                                          
    À bon entendeur... Royalement Vôtre ! 

     

     


    1 commentaire
  •  

    Les clés (foireuses) de l'éducation par Reine-Mère

     

    Appelez moi Mère. Reine-Mère.

    Reine-Mère Sixinthecity, pour être très précise. Ça le fait, non ? 
    Quatre petits pensionnaires de moins de sept ans à la maison... autant dire que ça déménage pas mal chez nous, et comme je suis Royalement hyperactive, tous doivent me suivre sans poser de question. 
    Toujours dix choses à faire, cent choses auxquelles penser, et mille choses à remettre à demain, faut pas pousser quand même. Il faut que chacun y mette du sien si on veut que le Sixinthecity Mansion tourne correctement. 
    Du plus petit au plus grand, de Papa Schultz à Micro-Poulette, en passant par Pretty-Poulette, Numérobis et Dragibus : tous savent que chaque chose à sa place et qu’il faut une place pour chaque chose. On planque les jouets dans le grand coffre, les chaussettes sales vont sous le lit, les livres qui traînent c'est sous le tapis, et la vaisselle assez propre repart directement dans les placards. Non mais ! 
    Hop ! Hop ! Hop ! Ça file droit ! Généralement mes quatre petits subalternes obéissent au doigt et à l’œil. Que voulez-vous ? Je peux m’enorgueillir d’avoir une sorte d’autorité naturelle... 
    Enfin... en théorie. 
    Enfin... le plus souvent. 
    Enfin... c’est ce que je dis à tout le monde... dans la cour de l’école... aux copines... et à la famille... 

    Bon, puisqu’on est entre nous je vais vous cracher ma valda, je vais vous lâcher le morceau :c’est Beyrouth au Sixinthecity Mansion. Le Bronx. La Foire du Trône le dimanche de l’ouverture, mêlée à un concert de Dora avec un public de cinq ans sous acides. Dur. Très dur. 
    Heureusement, je peux compter sur mon arme secrète : je peux me vanter d’avoir un beau petit brin de voix. Une tessiture entre le mezzo-soprano et la hyène en rut qui s’est coincée la patte dans une tapette géante... Je vous laisse imaginer le chant doux et mélodieux qui parvient aux oreilles des pensionnaires si ça dérape un petit peu trop. 
    Je précise que je place la barre haut, niveau débordement. N’allez pas vous imaginer que je hurle à tors et à travers, je puis même dire, en toute fausse-modestie, que j’ai un seuil de tolérance extrêmement élevé. 
    Mais, comme dirait Nabilla en apercevant un col roulé : « trop c’est trop ». 
    Lorsque Dragibus, à cheval sur Numérobis, empoigne les beaux cheveux de Micro-Poulette, qui n’apprécie que très moyennement pareille initiative. 
    Lorsque Pretty-Poulette juge que c’est pile le moment opportun de revisiter façon crécelle le thème de La Reine des Neiges
    Lorsque l’application décibel de mon smartphone indique un bon 110 et que notre ambiance sonore s’apparente alors à une belle prestation de Freddy Mercury en duo avec Lara Fabian, featuring Céline Dion en forme... j’estime que la coupe est quasi pleine, à deux gouttes près. 
    À cet instant, et seulement à cet instant, j’utilise L'arme, et assène mon fameux 

    « ASSEZ !!!!!!! »

    connu dans tout le quartier sous le nom de « cri qui tue de la folle hystérique ». Respect. Je suis crainte de tous et toutes. Sauf de mes quatre petits choux de Bruxelles. 
    Eh oui... je dois bien avouer que finalement ça marche maintenant rarement du premier coup. Je dois répéter mon vagissement deux ou trois fois avant d’apercevoir une ébauche de réaction de la part des mes amours-chéris. Et ces derniers-temps, je dois bien l’admettre, ils ne daignaient même plus lever un œil vers moi, et continuaient sans sourciller leurs diverses activités. Body-Painting, gravage de canapé au bâtonnet de sucette, customisation de coussin au Velleda, et autres DIY. 
    Je sais pertinemment tout le mal fondé de cette technique pitoyable, que je ne fais que provoquer une escalade de cris et de stress, qui prouve que je suis une horrible marâtre démissionnaire. La preuve : mon « ASSEZ !!! » ne fonctionne quasiment plus. 
    Alors, depuis peu j’ai changé de méthode. Complètement. Revirement de technique à 300 %. J’ai lu une tonne de livres sur la parentalité et ai opté pour un virage à 180°. 
    J’ai posé mon dévolu sur un magnifique combo qui fait des miracles : 

    à un strident 

    « ÇA SUFFIT !!!!! »

    J’ajoute désormais un 

    « SI ÇA CONTINUE !!! VOUS... »

    Et ma foi... hé ! hé ! c’est que ça ne fonctionne pas trop mal ! 
    L’immense avantage est que c’est variable à l’infini, adaptable à souhait. Modifiable en fonction des saisons ! 
    L’hiver un petit « SI ÇA CONTINUE, TU VAS PASSER LA NUIT DEHORS !!! » fait son petit effet ! 
    Au Printemps, un « SI TU N’ARRÊTES PAS, LES CLOCHES T’AMÈNERONT DES CAILLOUX!!! » marche pas mal non plus ! 
    Au mois de juillet, par fortes chaleurs, un « SI TU PERSISTES, TU N’AURAS PAS UNE GOUTTE D'EAU AUJOURD’HUI !!! » donne de bons résultats. 
    Je vous offre la technique, customisez-la au grès de vos envies, c’est cadeau ! 
      
    J’espère juste que cette trouvaille va durer le plus longtemps possible. 
    Je me méfie : les pensionnaires sont comme la Reine-Mère, plein de ressources... 
    Autant vous dire que je repousse assez loin, dans un coté de ma petite tête vide, l’idée prochaine de gérer quatre crises d’ado simultanées... 
      

    À bon entendeur... Royalement vôtre !  


    votre commentaire
  •  

    Reine-Mère a beau être Reine-Mère, si elle ne se bouge pas un minimum syndical, elle est comme tout le monde : elle s’empâte.

    Royalement, je vous le concède, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire...

    Reine-Mère ne grossit pas, elle se dodufie avec élégance.

    Reine-Mère ne forcit pas du cuissot, elle s’arrondit avec grâce et nonchalance de la jambe.

    Reine-Mère n’a pas de capitons, non ! Sa peau se pare d’un élégant et original aspect orange sanguine.

    Reine-Mère ne prend pas du ventre, elle gagne en moelleux abdominal. Façon pudding classieux.

    Vous l’aurez compris, Reine-Mère a décidé de reprendre le sport, mais simplement parce qu’elle en a envie. Absolument par parce qu’elle en a besoin.

    A maintes reprises, Reine-Mère a déjà tenté de reprendre une activité sportive :

    Un petit footing, calé entre les allers retours à l’école de Numérobis et Pretty-Poulette, et un plaçage sauvage en halte-garderie pour Dragibus et Micro-Poulette.

    De la musculation à la maison... façon Véronique et Davina.

    Des séries de corde à sauter...

    Ou encore des séances de stepper, appareil acheté de façon compulsive chez Décathlon un lendemain de raclette (avec pour dessert du gâteau au chocolat)

    Mais à chaque fois, il lui a fallu remettre au lendemain ces activités aussi ludiques que superflues, je vous le rappelle.

     Imaginez un instant la scène : Vous êtes prêtes à vous lancer à l'assaut de trente séries de 50 abdominaux, suivies de 50 pompes, et autant de secondes de gainage et autres squats. Vous enfilez votre plus belle tenue, attachez vos cheveux soyeux et brillants, posez au sol le tapis adéquat :

    — Go ! Go ! Go ! Les Black Eyed Peas sont dans la place pour vous accompagner en rythme ! Vont-ils suivre ? Le suspens est insoutenable. Rien n’est moins sûr !

    Deux. Vous avez réussi à enchaîner deux abdos.

    Enfin deux vrais. Les cinq suivants - car vous avez de la volonté - vous les avez fait avec Micro-Poulette à cheval sur votre ventre, Dragibus entre les jambes, tandis que Numérobis tentait de faire tournoyer le tapis de sol et que Pretty-Poulette prenait des photos avec son agenda Kiddy-Secret afin de ruiner le peu de dignité qu'il vous restait.

    Le Stepper ? Vous avez arrêté avant qu’un des quatre pensionnaires ne s’y coince les doigts... vous n’allez pas, en prime, vous coltiner une après-midi au centre de la main de votre ville.

    La corde à sauter ? Comment dire... ça a le mérite de mettre en joie toute votre assistance. Tout le monde tient à participer...Vous continuez, bien décidée à ne rien lâcher, lorsqu’un membre de l’assemblée vous fait remarquer que vous n’êtes pas vraiment douée, ce qui n’améliore en rien votre concentration.Soit disant que vous vous prenez souvent les pieds dedans, et il semblerait même que franchement Kévina du CP B est bien plus forte que vous (gna gna gna).Vous persistez tout de même, mais ce qui devait arriver arrive : Dragibus termine fatalement par se prendre un coup de corde dans la tête. Bouillonnant de rage, vous stoppez net votre saine activité, et jetez l’engin à la poubelle : vous n’allez pas, en prime, vous coltiner une après-midi au CHU de votre ville pour traumatisme crânien.

    Et le footing ? me direz vous ! Le footing... LE... (attendez la suite) FOOTING !!!

    — Il suffit simplement de faire garder votre progéniture, Reine-Mère !

    Ben voyons : « il suffit juste de faire garder votre progéniture... » (voix d’Annette dans Premiers Baisers).

    T’as d’autres blagues ? T’as avalé un clown décédé et moisi ? Tu sais pas compter ? Quatre enfants, mon petit pote ! QUATRE !!! Faut que je te fasse un dessin ?

    Soit Papa Schultz est dans le coin et vous lui laissez - momentanément – les rênes du Sixinthecity Mansion, mais là, et ce de façon absolument systématique, il va se produire un événement extérieur anéantissant tout espoir de remuage de masse graisseuse. La lune de Saturne passera par le Jupiter de l’ascendant de Vénus ou je ne sais quoi encore, mais vous assisterez impuissante à un petit souci de type ouragan Johnny de Force 4, tornade Ulla d’intensité 69 ou encore séisme Gérard-Raoul de magnitude 22, vous empêchant catégoriquement de quitter votre domicile.

    Soit Papa-Schultz est absent, et autant te dire que vous trouverez plus facilement à faire garder un troupeau de hyènes sous acides que vos quatre pensionnaires.

    Sur le papier, réussir à en refourguer, un, ou deux, voire trois, peut être ! Mais quatre ? A quoi pensiez-vous ma bonne dame !? D’ailleurs, on me le demanderait, que je dirais non.

    Je me souviens qu’une fois, au printemps 1937, j’avais réussi à sournoisement coincer mon adorable voisine chérie.

    Tout était prévu. Planifié, orchestré, dans les moindres détails. J’avais chaussé mes superbes baskets rose fluo (on est royalement fashion où on ne l’est pas), accroché crânement le brassard censé contenir mon MP 3 et me donner un air coollissime d’absolument pas mère de quatre rejetons. J’avais même déjà la clé du Sixinthecity Mansion à la main, prête à claquer la porte d'entrée et à aller défouler mes mollets parfaitement galbés :

    Go ! Go ! Go ! m’étais-je écriée, transportée de joie.

    Bleurp ! avait répondu Micro-Poulette, vraisemblablement en proie à la gastro la plus soudaine du monde.

    Je vous entends me crier :

    Mais cours ! La clé ! Sors ! Fonce Reine !!! Fonce !!!

    Non, mes braves. Je ne suis pas de celles qui démissionnent. Je ne pouvais décemment laisser mon amie gérer une gastro de groupe. Au delà de trois, une spécialisation est nécessaire, et j’en profite pour placer que je suis titulaire d’un DEA de Marmaille Pénible et d’un DUT d’Insupportabilité et de Coquillettes au jambon.

    À cet instant - enfin un peu plus tard car juste après j’ai passé trente minutes à tout nettoyer - j’eus l'une de mes fréquentes illuminations : force était de constater que je faisais déjà quotidiennement un décathlon - à l’aise - !

    M’installant alors avec un pot de Nutella confortablement devant mon écran d'ordinateur, je consultai le Dieu Google :

    — Le 100 mètres : c’te blague, j’en fais au moins trente par jour !

    Saut en longueur : si les enjambées de Kapla ne comptent pas, je ne sais pas où on va ma bonne dame ! 

    Lancer de poids : je défie quiconque de me battre au panier à trois points. Toutes les couches arrivent pile-poil dans la poubelle.

    Saut en hauteur : là ca se corse un peu... Mais, en y réfléchissant bien, étant donné que quotidiennement je dois accéder à mes réserves de nourriture, situées au fond du Sixinthecity garage, et, que j’ai fréquemment trois jours de linge de retard, ce qui correspond approximativement à 5 mètres cube de vêtements sales, donc au bas mot à un tas d’une hauteur de deux mètres, je pense qu’on peut tout à fait homologuer la performance.

    — Un 400 mètres : je peux cumuler facile, 500 mètres pour aller à l’école, multiplié par quatre : je réalise même un relais à moi toute seule.

    110 mètres haies : ça peut s’organiser,  une haie = un baril de Légo.

    Lancer de disque : donnez moi celui d’Henri Dès que je m’entraine

    Saut à la perche : et mon balai, tu crois qu'il sert à quoi ?

    Lancer de javelot : toujours le balai. Note bien que le balai est très multifonctions et que ça ne se sait pas assez.

    Ne reste plus que le 1500 mètres. En comptabilisant les trajets effectués jusqu’à la pharmacie chaque jour, pour gérer en urgence toutes les situations de crise qui se présentent, nous sommes larges.

    Bon, c’est pas tout ça, mais ça m’a épuisé toute cette histoire...

    Vous prendrez bien un peu de rillettes ?

     

    À bon entendeur... Royalement Vôtre !

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Si tu ne le fais pas, quelque part dans le monde un bébé licorne mourra, et ça c'est plutôt moche.

     


    11 commentaires
  •  

    Le plan Seveso

                Hier matin je rentrais d’une agréable sortie « courses » au supermarché du coin, accompagnée de Dragibus et de Micro-Poulette, profitant du fait que Pretty-Poulette et Numérobis soient retenus dans leurs établissements scolaires respectifs.

                Au volant de ma voiture, je m’engageai dans notre petite rue tout en expliquant à Dragibus qu’il ne fallait hurler « vert » que lorsque le feu était effectivement bien vert (sinon ça peut vite être dangereux) et découvris une demi-douzaine de véhicules en tous genres stationnés juste devant notre domicile.

                Camions de pompier, voitures de police et autres fourgonnettes d’organismes non identifiés se trouvaient là, ainsi qu’une bonne trentaine de badauds attroupés juste devant le Six in the city Mansion.

                Micro-Poulette dans les bras et talonnée par un Dragibus surexcité par autant de gyrophares, j’avançai au devant de tous ces hommes en uniforme - regrettant déjà d’avoir zappé mon brushing matinal - et pressée de savoir quelle histoire abracadabrantesque m’attendait encore...

                J’eus une amère pensée pour les glaces Mickey qui n’allaient sans aucun doute pas apprécier cette attente impromptue dans le coffre de notre monospace... Trop inquiète pour me désoler à l’avance de la formidable flaque laiteuse qu’il allait me falloir nettoyer, je tachais d’effacer cette pénible pensée d’un coup d’éponge virtuelle.

                Je tentai d’entrer par la porte de notre garage, lorsque, me prenant pour la plus commune des mortels, un gaillard pompier m’interpella :

                — Oh ! Là ! Vous ! On n’avance pas au delà des banderoles : « CRIME SCÈNE – DO NOT CROSS ».  Vous n’avez jamais regardé la TV, ou bien ? Reculez ma petite dame !

                — Vous faites erreur, j’habite là !

                — Mme Six in the city ? Excusez moi, je suis confus, je ne vous avais pas reconnue, rapport à vos cheveux, peut être.

                — Oui, Bon, passe pour cette fois. Que faites vous ici ?

                — Écoutez, ça me fait de la peine de vous l’annoncer, mais nous allons devoir dynamiter le Six in the City Mansion...

                — Pardon ?! Rien que ça ?

                — Les experts de Miami et de Las Vegas se sont concertés avec le Mentalist : le préfet vient de décréter un plan Seveso. Il semble qu’il y ait une arme chimique quelque part dans votre domicile.

                — C’est du délire ! J’imagine que c’est un coup des pensionnaires pour zapper l’école demain !

                — La théorie du complot ?

                — Je ne sais pas... Je ne sais plus... Et je reste plantée là... Je vais entrer et voir de quoi il retourne.

                — Impossible, vous n’y pensez pas ! Une équipe de spécialiste est sur la route...

     

                Il faut plus de trente-cinq hommes en uniforme pour arrêter une Reine-Mère déterminée. Cinq minutes plus tard, je m’apprêtais à pénétrer dans la maison, non sans avoir revêtu une combinaison de protection étanche à tous types d’agents chimiques et bactériologiques.

                Je leur laissai la garde de mes deux petites têtes brunes en leur donnant les consignes de sécurité de base : ne pas laisser mon Dragibus jouer avec les extincteurs, et ne pas utiliser la sirène deux tons en présence des fragiles oreilles de ma Micro-Poulette chérie.

                J’entrai courageusement.

                Armée d’un détecteur, j’arpentai les différentes pièces du rez de chaussée une à une, sans remarquer quoi que ce soit de suspect. Pas de restes nauséabonds dans le frigo, ni de couches explosives dans la poubelle... L’eau de l’aquarium n’avait certes pas été changée depuis trois semaines, mais pas de quoi fouetter un chat innocent...

                Je décidai alors de poursuivre mes prospections à l’étage, tout en communiquant par radio avec l’extérieur :

                — Alors Reine-Mère, quoi de neuf ?

                — Nada, mon ami. Le néant total. Vous êtes sûr que ce n’est pas une fausse alerte lancée par Queen-Mummy, ou pire, une nullipare ?

                — Négatif, Reine. Nous venons de communiquer toutes les données à l’Inserm : il se trouve que nous avons à faire à du très lourd... Vous êtes certaine que vous vous sentez capable de continuer ?

                — J’en ai vu d’autres, mon p’tit gars. Je vous recontacte quand j’ai du nouveau.

                — Non ! Vous êtes inconsciente ! Ne coupez pas Reine-...

     

                Je continuai, assez stressée, il faut l’admettre, ma progression dans le couloir. Une intervention inopinée d’un Buzz l’éclair mal éteint me fit sursauter : « Vers l’infini et au-delà ! », m’encouragea t’il. Un signe : je devais m’accrocher. Il en allait de la survie de notre domicile.

                Je m’apprêtais à franchir le seuil de la chambre de Micro-Poulette lorsque j’entendis distinctement des hélicoptères approcher du périmètre de sécurité. De la fenêtre de sa chambre, je distinguais des CRS qui faisaient évacuer la totalité des habitations avoisinantes.

                Rien à signaler. Échec cuisant. J’allais devoir m’en remettre aux spécialistes et capituler... Soudain, le compteur de mon détecteur s’affola. J’esquissai un mouvement de recul : sur quoi allais-je bien tomber ? N’écoutant que mon courage, et bien décidée à ne pas partager une chambre d’hôtel à six le soir même, je poussai la porte de la chambre de Dragibus.

                De l’orange, l’aiguille du compteur grimpa dans le rouge en moins de deux. Je restai quelques instants sans bouger. Chaque chose semblait à sa place : les peluches jonchaient le sol, le lustre pendouillait lamentablement, les livres étaient disposés un peu partout comme d’habitude. Non, vraiment...

                Mais une puissante odeur réussit à percer l’épaisse combinaison de survie. En apnée, j’avançai alors en direction du lit à barreaux, et, avec un cintre trouvé sur le petit porte-manteau, j’entrepris de fouiller et remuer les draps Winnie l’Ourson.

                Je compris. Une folle gaieté envahit ma poitrine : nous étions sauvés, il s’agissait là d’une fausse alerte ! Je courus jusqu’à la fenêtre donnant sur la rue, et rassurai aussitôt la foule inquiète au moyen d’un mégaphone-jouet qui trainait dans la pièce.

                — Ce n’est que Doudou ! No problem ! Je répète : « ce n’est que Doudou qui fouette ! »

                Un peu trop optimiste, et oubliant que j’avais à faire à une assemblée d’amateurs, je brandis alors Doudou par la fenêtre en signe de victoire. Cela eut pour effet de semer une terrible panique. À la vue de l’informe carré gris, élimé et visqueux, les badauds furent saisis d’effroi, et j’assistais aussitôt à une mêlée géante. Je redescendis en quatrième vitesse rejoindre les professionnels ainsi que mes enfants, en prenant garde cette fois de cacher la peluche derrière mon dos.

                — Rentrez tous chez vous. Je vais pouvoir gérer la crise seule. Il faut juste que Dragibus ne s’aperçoive de rien, chuchotai-je au chef.

                — Non mais sans blague ! C’est ce petit âne gris qui dégage ces odeurs pestilentielles ? Il faut le brûler !

                — Vous plaisantez ? Vous croyez que les nuits sont une option pour mon organisme ?

                Trop tard. Dragibus, qui n’était tombé du dernier paquet de Haribo, avait senti son meilleur ami. Hors de question pour lui de le laisser en apnée dans de l’eau à 40°C durant plus d’une heure...

                — Ze veut Doudou !!!!

                — Euh.. En temps normal, j’essaie de laver fréquemment mais... j’ai comme qui dirait des éléments extérieurs à prendre en compte.

                — ZE veut DOUDOU !!!

                — Je comprends, un Dragibus en colère c’est très difficile à gérer.

                — Ze veut DOUDOU !!!

                — A qui le dites-vous ! Et bien sûr il ne veut pas de celui de rechange, trop neuf ! Il sent trop bon pour être honnête.

                — ZE VEUT DOUDOU !!!

                — Comment pourrais t’on vous aider... Les gens s’évanouissent... Il en va de la survie de l’espace, là !

                — ZE VEUT DOUDOU !!!!

                — Dites ? Le temps que je lance une machine, vous ne sortiriez pas la grande échelle ?

     

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Tu seras chou et tu gagneras dix minutes de sommeil !

     

    Le plan Seveso

     

     

     

     


    7 commentaires
  •  

    La fonction cachée

             

                     Ce matin-là, comme cinq matins par semaine, j’avais survécu à la première heure de la journée. En soi, c’était déjà une excellente nouvelle.

                Pretty-Poulette et Numérobis avaient donc passé les grilles de leurs écoles respectives, et si tout se déroulait pour le mieux, j’étais tranquille, les concernant, jusqu’à 16h45. Je déposai ensuite Micro-Poulette et Dragibus à la halte garderie.

                C’était jour de fête : j’avais un rendez-vous médical auquel il était absolument impossible que je me rende accompagnée (en tous cas, par deux nains hystériques) et j’utilisais donc mon « joker garderie ».

                Je ne vous explique pas dans quel état d’excitation je me trouvais. Un peu comme lorsqu’en voyage scolaire le prof annonce : « Vous avez quartier libre pendant quarante-cinq minutes. Rendez-vous devant la mairie à 17h00. C’est clair pour tout le monde ? Francis si tu arrêtais de faire l’imbécile deux minutes, ça nous ferait des vacances. »

                J’étais libérée pour la matinée de mes quatre boulets adorables chérubins, et comptais bien en profiter.

                Aussitôt le seuil de la halte garderie franchi dans le bon sens (sans les enfants) je sentis une brise légère annonciatrice de liberté : j’avais quatre heures rien qu’à moi ! Pas une couche à changer, d’envie de pipi pressante à soulager alors qu’on se trouvait au beau milieu d’un supermarché gigantesque, de fermeture éclair coincée, ou encore de Doudou échoué dans une flaque d’eau. Rien.

                L’idée même du rendez-vous médical me paraissait aussi exaltante qu’une avant-première passée au bras de George.

                Bon, j’avais bien deux/trois choses à faire avant d’attaquer les choses sérieuses, mais à moi la grande vie ! Je devais me rendre à la pharmacie pour faire le stock de crème hydratante pour Dragibus, qui en plus d’être une petite créature aussi charmante que sournoise, à la peau fragile et délicate.

                Au volant de ma voiture, j’hésitai un instant. Chez qui allais-je me rendre aujourd’hui... Devais-je privilégier la pharmacie située juste à coté de la maison ? Celle a coté de l’école ? Celle sur la place du marché ? J’étais si proche de toutes les préparatrices et pharmaciennes du quartier, que je ne voulais surtout pas créer de tensions et en privilégier une plutôt qu’une autre. Ces lieux étaient autant de résidences secondaires pour moi : des oreilles attentives aux pleurs nocturnes de Micro-Poulette, aux plaques de Dragibus, au transit de Numérobis ou encore aux coups de soleil de Pretty-Poulette. Pas une semaine ne se passait sans que je ne doive y aller.

                Après avoir plouffé, je tombai d’accord avec moi-même pour celle du marché. Je passai la porte sous les hourras de l’assistance :

                — Reine-Mère ! Reine-Mère ! Alors qu’est ce qui vous amène aujourd’hui ? Une gastro de groupe ? Les poux ? Une plaie peu profonde due à l’usage de jouets contendants ?

                — Bonjour mes braves ! Rien de tout cela, je vous rassure. Je n’ai même pas d’ordonnance, c’est dire ! Ca doit même faire dix jours que je ne suis pas allée chez le généraliste, il doit d’ailleurs s’inquiéter ! Juste une petite crème pour peaux à tendance atopique.

                — Pour Dragibus ?

                — On ne peut rien vous cacher ma chère !

                — Et pour vos cernes, si je puis me permettre...

                — Je ne te permets pas.

                — Ok.

                Je repartis de la pharmacie avec mon tube de crème (un baume à lèvre, une huile scintillante pour le corps, des vitamines et une crème de nuit) et décidai de profiter du laps de temps qu’il me restait pour aller faire quelques soldes.

     

                Des soldes. DES Soldes. DES SOLDES ! POUR MOI !!!

     

                Des années lumière que je ne m’étais rien acheté (enfin sauf des vêtements de grossesse, puis des achats compulsifs sur internet, mais ça, ça ne compte pas). Je veux dire des années que je n’avais pas pris le temps de traînasser dans des boutiques de fringues. Genre, tu prends un cintre, tu mets le vêtements devant toi, fais une moue de circonstance à la Kate Moss, hoche la tête négativement, le repose, en reprends un et ainsi de suite, jusqu’à ce que mort de la vendeuse s’en suive.

                Rien que d’approcher de la vitrine de ma boutique favorite, je sentis mon cœur battre la chamade. La patronne me reconnut et courut à ma rencontre :

                — Reine-Mère, cela fait si longtemps ! Comment vont les enfants ?

                — Bien, bien. Enfin globalement ils vont bien. Là, tout de suite, maintenant, je ne sais pas trop, mais de toutes façons, je les ai tous casés et éteins mon portable, alors si avec ça on me retrouve !

                — Oui... Bien sur, Reine-Mère... Alors, puis-je vous proposer quelques nouveautés.

                — Des nouveautés ?

                — Oui, c’est à dire qu’avec vos quatre grossesses en six ans, vous avez raté des modes et des tendances... Vous avez peut–être besoin d’un nouveau slim ?

                — Un « nouveau » slim ? Un slim tout court ok, mais pas un nouveau, je n’en ai jamais eu et c’est pas le genre de mode qu’on essaie enceinte.

                — C’est pourtant charmant, les slims de grossesse !

                — Vous n’avez jamais été enceinte il me semble.

                — Nous commençons à y penser avec Chéribibi !

                — Ok ! Alors fais moi plaisir, lorsque tu seras enceinte de huit mois, mets un slim de grossesse et envoie moi la photo, ok !

                — Moui... donc vous allez essayer ça, et également cet adorable chemisier en soie.

                — C’est vrai qu’il est adorable, mais vous avez un ciré coordonné pour mettre par dessus ? Parce que pour donner la purée à Micro-Poulette ou servir des pâtes bolo...

                — Sinon... je vous propose ce top blanc immaculé ?

                — Je l’adore, mais je vais plutôt le prendre en noir immaculé, il le restera plus longtemps. Ou camouflage sinon.

     

                Après seulement vingt minutes, je ressortis les bras chargés de paquets, promettant à l’adorable vendeuse que je reviendrai vite la voir plus longuement. Je ne manquai pas de me féliciter d’avoir réussi à optimiser mon temps libre de la sorte. En deux heures, je réussis à aller au pressing, à la sécu, chez mon assureur, à la poste et à la mairie. Accompagnée des pensionnaires, j’aurais bien mis... deux semaines.

                Libre et heureuse, je sifflotais « Free » de Stevie Wonder. Je marchais seule, sans témoin, sans personne, que mes pas qui résonnaient. Je marchais seule dans les rues de ma ville, repris ma voiture et suivis un itinéraire que je ne connaissais que trop bien. Je me garai sur le parking de la clinique...

                Oui, celle où j’avais accouché quatre fois en six ans...

                J’avais pris soin, cette fois, d’annoncer ma venue afin de ne pas provoquer de mouvements de foule (Rappel de produit). On me fit entrer par une petite porte et m’accueillit chaudement.

                — Mme Six in the city ! Mais quelle joie de vous revoir si vite !

                — Tout doux ! Ne t’enflamme pas, je vais juste chez l’ophtalmo.

                — Quel dommage que vous ne remettiez pas ça. Vos enfants sont si beaux !

                — Oui, en photo je te l’accorde volontiers mon poussinet, mais rajoute le son et le mouvement et je t’assure que quatre ça suffit.

                — Allez, un petit effort pour la patrie...

                — Je crois que je préfèrerai encore avoir des mains en laine jusqu’à la fin de ma vie.

     

    À cet instant une limousine aux vitres teintées se gara juste devant la clinique, sur les places réservées aux VIP. Une femme en sortit et se hâta de rentrer dans le hall. Une horde de journalistes surgit de nulle part se pressa devant l’entrée, mais le service de sécurité tint bon.

                — Qui est-ce ?

                — Hum... c’est confidentiel, mais j’imagine que je peux me permettre de vous le révéler. Vous avez un statut privilégié chez nous, Reine-Mère...

                — Accouche.

                — Il s’agit de Queen-Mummy...

                — Queen Mummy !!!

    Je retins un cri : Queen Mummy ! En personne, ici ! J’ajoute aux mains en laine des genoux à ressort si je peux lui parler seulement quelques instants. On me fait comprendre que cela est impossible. Elle ne veut être dérangée par personne et se rend chez le directeur : elle est enceinte de son neuvième enfant.

     

                Queen Mummy. QUEEN MUMMY !!!! Bon sang, mais c’est de la folie ! Auteure de tonnes de livres sur la parentalité, elle fait des conférences dans le monde entier. Ses huit premiers enfants sont tellement sages qu’on dirait qu’ils sont empaillés !

                J’enrageai intérieurement, j’aurais volontiers donné mes ovaires pour pouvoir l’approcher ne serait-ce qu’une seule petite minute.

                Je consultai ma montre, il était temps pour moi d’aller faire examiner mes pupilles. On m’attendait pour un fond d’œil. Dans la salle d’attente de l’ophtalmo, j’eus bien du mal à tenir en place. Queen-Mummy, ici ! Et personne au courant... J’interpellai ma voisine, une petite dame d’approximativement 80 ans et lui murmurai :

                — Queen-Mummy est ici.

                — Qui ça ?

                — Queen Mummy !!

                — Connais pas et laissez moi tranquille ! Vous croyez que je n’ai pas vu que vous reluquiez mon sac à main.

                Je lâchai l’affaire et attrapai mon Smartphone. Je twittai : Queen-Mummy est dans la même clinique que moi !!!

                Aussitôt, la folie ! Des milliers de messages affluèrent, me valant les regards les plus noirs de l’ensemble des occupants de la salle d’attente, le temps que je pense à mettre mon téléphone sur silencieux.

                Mon rendez-vous se passa pour le mieux, ma vision était excellente :

                —Quel votre secret Reine-Mère ? Vous avez gagné deux dixièmes à chaque œil, c’est incroyable. Je n’ai jamais vu ça !

                — Les Légos, mon petit, les Légos...

                — Les Légos ?

                — Quand tu passes la journée à balayer ton champ de vision, et les différentes zones de la maison afin d’essayer d’éviter les jouets pointus, ainsi qu’à rechercher les planques de bonbecs, je t’assure que tes yeux n’ont rien à envier à ceux d’un troupeau de lynx.

                Je sortis de son cabinet un peu au radar. Les gouttes mises dans mes yeux faisant encore effet et je devais patienter dans l’enceinte de la clinique avant de repartir. Je trainai à la recherche de Queen-Mummy.

                J’étais alors complètement perdue, à force d’avoir tourné, dans un couloir étroit et sombre d’une partie de la clinique je ne connaissais pas, lorsque j’entendis une porte s’entrouvrir. Je me cachai dans un renfoncement, regrettant de ne pas avoir pris la cape d’invisibilité d’Harry Potter rangée je ne sais où dans la salle de jeux, et patientai, aussi silencieuse que la neige qui tombe.

                Je reconnus aussitôt la voix aigrelette du directeur, et distinguai une voix de femme aussi veloutée que du yaourt bulgare. Cornegidouille ! Queen-Mummy se tenait là ! Je devais tenter une photo discrète afin de l’envoyer sur les réseaux sociaux pour étayer mes propos. Je compris qu’ils étaient sur le point de se séparer, Queen-Mummy demandait à ne pas être raccompagnée afin de préserver son anonymat. Elle ne tenait pas à éveiller les soupçons des journalistes.

                — Au revoir, Monsieur le Directeur, je vous laisse planifier mes échographies, ainsi que les visites de contrôle.

                — Comme d’habitude Queen ! Comptez sur moi ! Puis-je me permettre de vous faire remarquer que vous êtes toujours plus rayonnante à chaque grossesse.

                — Vil flatteur... Mais... je dois admettre que c’est vrai. J’ai la chance de ne prendre que cinq kilos à chaque fois, et j’en reperds toujours plus la semaine qui suit l’accouchement.

                — C’est formidable Queeny ! A ce rythme, si vous faites encore cinq marmots, vous passerez entre le papier et le mur pour venir me voir !

                — Surtout, n’ébruitez pas ma visite. Je garde la primeur de cette grossesse pour  Enfants. Magazine.

                — Bien sûr, Queeny. De votre coté rien sur la fonction cachée des enfants.

                — Croyez-vous sincèrement que je veuille tuer dans l’œuf la poule aux œufs d’or ?

     

                Dissimilée dans l’ombre, je retins mon souffle. La fonction cachée ?

                Je décidai de suivre discrètement Queen-Mummy, et, avec toute la souplesse féline qui me caractérise, me faufilai derrière-elle. Soudain, elle fit volte-face et se planta devant moi les mains posées sur les hanches, terriblement intimidante. Cette femme était vraiment magnifique. Une ligne d’enfer, un teint de pêche n’ayant de rival que son  grain de peau serré. On aurait juré une nullipare.

                — Qu’est ce que vous me voulez ?

                — Hein ? Moi ? Rien Queen-Mummy !

                — Vous savez donc qui je suis ? Vous êtes journaliste pour Voilà, ou Glooser ?

                — Non, j’avais juste rendez-vous chez l’ophtalmo. Comment m’avez vous entendue, je suis aussi silencieuse qu’un ninja ?

                — J’ai huit enfants, je vous rappelle. Mon ouïe n’a rien à envier à celle des chouettes hulottes. J’entends un pas dans le couloir le soir, du fin fond de ma propriété.

                — Waw, effectivement. Respect...

                — Ne dites rien de ma venue, s’il vous plait, je file, dit-elle en me plantant dans le couloir.

                — Dites ? C’est quoi cette histoire de fonction cachée ?

     

    La tension devint palpable. Une couverture de brume s’installa soudain autour de nous. Des portes se mirent à claquer quelque part, et la musique de « Psychose » retentit. Autant vous dire que je n’en menais  pas large.

                — Vous écoutez aux portes, Reine-Mère ? C’est bien ça votre nom.

                — Euh... oui, Reine-Mère Six in the city. C’est un peu long, mais ça le fait, non ?

                — Moui... Que savez-vous exactement de la fonction cachée.

                — Rien et c’est bien le problème... J’ai comme l’impression que ça a l’air pas mal.

                — Hum... Vous en savez plus que vous ne le dites.

    Je tentai de bluffer :

                — Oui et si vous ne me dites pas ce que c’est, je balance aux tabloïds que vous êtes enceinte.

                — Très bien, je capitule. Vous avez eu le CD de Nirvana lorsque vous étiez adolescente.

                — Nevermind ? Bien sûr ! Tout le monde l’a eu ! Et puis faut croire que "In Utéro" nous a inspiré, hein ?

                — Je me passerai de vos blagues vaseuses, Reine-Mère. À la fin du CD... Qu’est ce qu’il y avait ?

                — Un morceau caché !!! Oui, après quinze minutes de silence !!! Je me souviens !

                — Et bien la fonction cachée, c’est presque pareil. C’est une manip sur vos enfants qui vous amène une heure ou deux de silence. Une sorte de pause. Aussi souvent que vous le voulez.

                — Nan !!!!

                — Si.

                — NAN !!!!

                — Si je vous le dis.

                — Et c’est pour ça que vous avez cette ligne et ce teint, aussi frais que la rosée du matin. Et ce calme, bon sang ! Ce calme !!

                — Et bien oui, c’est mon petit secret. Nous avons découvert ça par hasard avec le directeur et il est d’ailleurs soumis à une clause de confidentialité. Super Nanny connaissait aussi la combine.

                — Donc en fait vous n’êtes pas si géniale au niveau parentalité et éducation ?

                — Nulle de chez nulle, oui ! Je passe mon temps au Spa, à la salle de gym et à jouer au baby-foot avec mes chats ! Et au bout de trois heures : hop ! J’enlève la fonction pause.

                — Oh là là ! Mais c’est formidable ! Dites moi comme ça se passe, je vous en supplie, je vous signe toutes les clauses que vous voulez !

     

                Rapidement elle m’expliqua une série de geste, à effectuer au niveau de la nuque. Je notai tout sur un petit papier, la remerciai chaleureusement et partis récupérer les quatre pensionnaires.

                — Vous ne pouvez pas rater la manipulation. Le tout c’est de la faire exactement au bon endroit. Il n’y a que ça qui compte. Ailleurs vous provoqueriez autre chose, mais c’est une autre histoire.

     

                Le soir même, impatiente d’essayer, je provoquai littéralement le chaos au six in the city Mansion. Lançai une bataille de coussin, une partie de chatouilles et mis la musique à fond. Au bout de cinq minutes, je hurlai un coup et en attrapai un au hasard. Numérobis passa devant moi, je le ceinturai, le positionnai sur mes genoux et lui demandai de baisser la tête.

                À moi, les bouquins dans le bain, les coups de fil sans être interrompue et même les toilettes en solitaire !!!

                Je ne vis rien d’autre que la naissance de ses cheveux mais tentai l’expérience. Je suivis scrupuleusement tout ce que Queen-Mummy m’avait indiqué et je vis aussitôt qu’il se passait bel et bien quelque chose : Numérobis se mit alors courir comme un fou, il sauta, il dansa, il smurfa, il gangman-styla, et roula sous la table à la vitesse de la propagation d’une gastro en pleine épidémie.

                Même ses frères et sœurs furent bluffés : il était bloqué sur « avance rapide ».

    J’appelai la clinique et demandai à parler au directeur au plus vite. On refusa de me le passer et je dis d’une voix démoniaque :

                — C’est rapport à Queen-Mummy et la fonction cachée.

    Aussitôt, j’eus gain de cause :

                — Reine-Mère, que dites-vous ? Vous connaissez l’existence de la fonction cachée ?

                — Un peu, mon neveu. J’ai croisé Queen-Mummy elle m’a expliqué la marche à suivre. Mais j’ai du ripper. Là, Numérobis est bien parti pour battre Usain Bolt aux prochains championnats du monde. Il bouge tellement vite qu’on le voit flou.

                — La marche-rapide ! Vous vous êtes gourée ! C’est très précis la zone en question, au millimètre près ! Vous n’avez pas appuyé au bon endroit !

                — Damned ! Le fond d’œil ! Je voyais trouble, je n’ai pas bien localisé !

                — Laissez tomber. Je vais vous aider à rebooter votre fils, mais ensuite ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. Je suis soumis...

                — Oui je sais, une clause de confidentialité. Déjà si je peux éviter d’avoir Speedy Gonzales en personne à la maison ce sera bien, dis-je en soupirant.

     

                Le directeur m’explique comment annuler l’effet, deux trois points de pression sous les aisselles et le tour est joué : Numérobis se calme enfin. Il est rouge et haletant, a tout oublié des dernières minutes et se demande bien ce qui a bien pu lui arriver. L’effet de surprise a eu l’avantage de calmer les trois autres, c’est déjà ça.

     

                J’entame alors l’heure des bains, la mort dans l’âme.

                Satané fond d’œil, et saleté de Queen-Mummy...

                Je promets de réussir un jour cette fameuse manip.

                Foi de Reine-Mère, un jour moi aussi j’aurais le temps d’aller au spa, à la salle de sport et de jouer au baby-foot.

     

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Tu seras chou et tu gagneras deux dixièmes à chaque oeil !

     

     

     

     

     

     

     

     


    6 commentaires
  • Le problème capillaire

    Hier soir, nous avons connu un léger problème au Six in the City Mansion. Une sombre histoire de paire de ciseaux tenus un peu trop près du visage et de tête un peu trop penchée, le tout amenant une rencontre dont je me serais bien passée, et qui engendra une grave problématique : un problème capillaire.

    Personne ne s'en rendit compte de suite : je vaquais alors à des tâches ménagères aussi diverses que variées, comme par exemple le pliage de linge par douzaine de bacs, le rempotage de rouleaux de PQ dans les WC (quelqu'un parmi vous bien me les piquer ? Non mais c'est pas possible autrement ! Francis?),  ou encore le ramassage de jouets à la pelleteuse. Pendant ce temps, les pensionnaires jouaient saccageaient la maison à la batte de baseball tranquillement.

    J'entrepris alors pour terminer cette liste d'activités, ô combien épanouissantes, d'effectuer un débarrassage de la table du séjour d'une tonne de chose qui ne devaient décemment pas s'y trouver. Serre-tête, cartes Pokémon, journal de Mickey, deux clés à molette, DVD de Shaun Le Mouton, pied de biche, fer à souder et évidemment : les devoirs de Pretty-Poulette...

    Je ressemblais le tout en sifflotant un air de Gloria Gaynor (I Will Survive), lorsque mon regard se posa sur une longue mèche de cheveux. Du genre, il n'y avait pas 36 solutions chez les Six in the City… Ayant moi-même les cheveux longs, et étant un peu perso sur les bords, je fis le tour de ma propriété touffesque pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une mèche Reine-Mérienne. Cette éventualité ayant été balayée après une inspection en règle de ma longue chevelure soyeuse et brillante (j'ai liké Six in the City et ça fonctionne!!!!),je me hâtai d'aller trouver ma grande fille.

    Elle était sagement assise dans un coin de la pièce en train de consulter son agenda électronique Kidy Secret. Cet agenda est formidable car il ouvre uniquement si et seulement si vous avez le mot de passe adéquat, mot que vous devez HURLER dans le micro de ladite machine. C'est vous dire si le code reste secret longtemps. Mais, passons et revenons au problème capillaire.

    Je m'aperçus de suite qu'il y avait un grave problème. Vraisemblablement mon ainée, soit, s'en fichait royalement ou, et je penchai rapidement pour cette deuxième proposition, ne s'était encore rendue compte de rien. 

    Je pris ma plus belle paire des gants Mapa, et lui annoncai, en douceur, le souci :

    —Mais qu'est ce que t'as fait à tes cheveux !!!!!!

    Elle porta une main gracile (elle tient ça de sa mère) à sa chevelure, se lèva et fit trois fois le tour de la pièce, façon Bip-Bip pourchassé par le coyote et termina par trouver un miroir, au loin dans la salle de bain. Je l'entendis, crier, hurler, pleurer : elle n'avait pas fait exprès!!!

    (Note de l'auteur: Roulements de tambours ! C'est bien la première fois que j'entends cette expression justement employée ! Pour une fois qu'un de mes pensionnaires n'a vraiment pas fait exprès ! Emue, je constate que sept ans est peut être vraiment bien l'âge de raison ! Mais je redescends vite de mon petit nuage, il nous reste un gros problème sur les bras…)

    Je consolai ma douce en essayant de masquer mon émotion :

    —Non, ça ne se voit quasiment pas (tu parles, c'est une catastrophe), non, tes copines ne remarqueront rien (oh là là ! Qu'est ce qu'elle va manger comme réflexions !) et oui, tu peux tout à fait lancer un style ! (un volontaire pour me réanimer, je me sens mal).

    Pensez à Rachel, dans Friends, elle a lancée "LA Rachel" dans le monde entier, attendez-vous à voir bientôt débarquer partout sur la surface du globe "LA Pretty-Poulette" (dans les favelas de Rio et défilés carnaval, exclusivement)

    Je pris alors mon rôle de mère très au sérieux, et apres avoir hurlé avec elle cinq bonnes minutes, je me fis violence et tentai de la rassurer : nous allions trouver une solution.

    Elle écarta d'emblée celle de la boule à zéro, et nous partîmes tissa à l'assaut du Dieu Google afin de tenter de trouver une solution. La mèche incriminée, coupée à trois centimètres du crâne juste sur le devant, nous limitait tout de même considérablement dans le choix des coupes à prospecter. Je décidai de choper le taureau par les cornes et ma fille par le colbach, direction le coiffeur le plus proche.

    Je laissai bien entendu mes trois plus petits livrés à eux-mêmes un petite heure, tout en ne manquant pas de leur proférer les consignes de sécurité de base : ne pas ouvrir la porte, ne pas fumer, ne pas répondre au téléphone et ne pas trop jouer avec les allumettes. Une chacun et ça suffit, je suis pas folle. Comme je suis une Reine-Mère responsable, je déposai la bible à consulter si besoin en évidence sur la table basse du salon aux angles bien pointus : "Le loup et les sept chevreaux". Si avec ça ils ouvraient au loup, c'est qu'ils méritaient de se faire avaler tout rond. Naaaan j'déconne ! Je les confiai rapidos à mon indispensable voisine et amie.

    Nous partîmes donc avec Pretty-Poulette et entamâmes la tournée des coiffeurs du quartier. Un soir. A 18h30.

    Evidemment, on ne nous reçut pas avec toute l'attention que nous méritons et nous tournâmes de longues minutes avant de trouver une âme coiffeuse charitable. Une fois autorisées à rester, je poussai Pretty-Poulette devant moi et sentis une bizarre réticence. Il est certain que ce n'était pas le salon de coiffure que nous aurions choisi, si nous avions eu le choix. Je la forcai à se saisir de l'album des coiffures à consulter, et lui ordonnai de le compulser. Deux minutes plus tard, et apres quelques pages tournées… je ne manquai pas de voir ses yeux s'embuer.

    Alors, étant une Maman douce et attentionnée, je murmurai à son oreille :

    — ALORS, ON S'ATTACHERA LES CHEVEUX LA PROCHAINE FOIS QU'ON FERA DU DECOUPAGE ?

     

    Pour le plaisir des yeux je vous laisse consulter sur le lien, les différentes coupes proposées… Album coupes de cheveux

    A votre avis? Qu'a choisi Pretty-Poulette?

     

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Tu seras chou et ton taux de cholestérol baissera !

     

     

     

     

     

     

     


    6 commentaires
  •  

    Le cas Shaun

                     

                     Tout avait à peu près bien commencé. Une invitée surprise évitée de justesse : une couche qui avait débordé, mais pas trop. Un bol de lait renversé, mais qu’à moitié, une dégringolade dans les escaliers, mais sans bras cassé. Et cette fois-ci, j’avais même pu m’offrir le luxe de terminer le thé que m’avait offert George avant d’être réveillée par mes quatre insupportables adorables pensionnaires.

                Je venais de déposer Pretty-Poulette et Numérobis respectivement à l’école primaire et à la maternelle, et rentrait chez moi au volant de mon élégante et stylée poussette-double, avec à son bord Dragibus et Micro-Poulette.

                D’un pas réellement souple et élancé, je battais le pavé des mes nouvelles chaussures à talons compensés, que je sais toujours pas ce qui m’a pris aux soldes, que ça faisait des lustres que j’avais pas mis de talons. Mais passons. Donc d’un pas souple et élancé, je rentre au Six in the City Mansion, et sort les petits de leur véhicule, aussi profilé qu’élégant.

                Micro-Poulette, le temps que je débarrasse Dragibus du combo Bonnet/Écharpe/Manteau-avec-les moufles-attachées-dedans, en profite sournoisement pour se diriger à la vitesse d’une Poulette-Volante vers le placard contenant mes précieux Tupperware, que pour une fois je n’avais pas barricadé à grand renfort de barbelés et autres pièges explosifs.

                Elle retourne absolument tout en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, (d’ailleurs vous remarquerez que les couneries c’est plus vite fait que les devoirs...) et dans sa lancée part à l’assaut des WC, dont la porte n’a évidemment pas été refermée alors que c’est pas faute de le répéter 2000 fois par jour, au bas mot.

                    Elle est en train d’empoigner la balayette quand vous la stoppez net dans son élan. Timing parfait, on ne vous la fait pas, c’est que vous en avez vu d’autres.

                  Pendant ce temps, Dragibus a déjà entrepris de vider les trois mètres cubes de Kapla que vous avez péniblement rangés le matin même. Il s’en détourne après seulement deux minutes de jeu, pour porter son dévolu sur la boite semi-remorque de majorettes, puis sur la dinette, afin de dénicher la fourchette qui tiendra compagnie à sa cuillère à Moka (rappel de produit)

                Vous canalisez l’énergie débordante de Pretty-Poulette en la collant posant délicatement dans son parc, et vaquez à toutes les tâches ménagères qui jour après jour vous enchantent un peu plus. Vous débarrassez donc la table du petit-déjeuner, en constatant que le maxi-pot de Nutella a été vidé en deux jours, videz le lave-vaisselle et renettoyez ce qui ne l’a pas été car vous avez bêtement pensé qu’avec ses petits bras musclés celui-ci allait récurer le plat à gratin carbonisé. Pour finir, vous vous dirigez vers votre machine à laver en sifflotant gaiement, vous la côtoyez tellement souvent que c’est devenue l’une de vos amies intimes.

                Juste au moment où vous parlez météo avec elle, vous entendez Dragibus hurler LA phrase depuis le salon :

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — J’arrive Dragibus, je mets une lessive en route.

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — Je t’ai dit que j’arrivais, joue au Kapla, enfin aux voitures... et avec ta cuillère à moka.

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — Je reviens !!! Maman ne t’entend pas du garage !!!

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — Ouiiiii Dragibus, j’ai compris, j’arrive !

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — Mais Mutin de Mordel de L’Herbe !!!!! J’arrive !!! T’es bouché à l’émeri ou bien ??? (Naaannn, ça vous le pensez juste très fort)

                Et encore. Je vous l’ai faite courte car en temps réel, ça a duré quinze minutes et vingt-huit secondes... Vous revenez du garage, rouge et échevelée d’avoir hurlé comme un putois pour vous faire entendre de si loin, et trouvez Dragibus installé dans le canapé. Il vous regarde d’un œil noir, doudou sur les genoux, cuillère à la main, il a même retrouvé son vieux jeton Intermarché, c’est dire s’il est prêt à en découdre :

                — Moman ?

                — Oui, mon biquet ?

                — Dis Moman, tou peux mettre Sauneeuh ?

                — Sauneeuh ? A mais j’avais pas compris ! Tu aurais du le dire plus tôt, mon chéri ! Tu vois à quoi ca sert de bien parler ? A se faire comprendre ! Tu notes l’enjeu Dragibus ?

    (Note de l’auteur : maligne la Reine-Mère, hein ? Technique qui marche à l’aise jusqu’à six ans. Prétexter ne pas avoir saisi le sens de la question peut vous sauver bon nombre de situations semblant pourtant très mal engagées. Par contre, passé sept ans, votre enfant vous prendra pour une demeurée profonde, ce que vous êtes un peu sur les bords au demeurant.)

                Vous vous apprêtez à contenter votre rejeton, lorsque Micro-Poulette se manifeste. Elle semble épuisée, or, il est 11h00 et là se présente à vous un grave dilemme.

                Soit vous la couchez (action/réaction, fatigue/dodo) mais vous allez galérer grave pour la sieste de l’après midi durant laquelle elle ne voudra pas fermer l’œil. Et ça, c’est juste impensable (Une petite heure de silence l’après midi est absolument nécessaire à votre survie mentale).

                Soit vous la maintenez éveillée par tous les moyens possibles et imaginables.

    (Note de l’auteur : Il y en a qui ne sont pas d’accord avec ça ? Vous avez TOUS connus cette situation. N’est ce pas dans le fond de la salle ? Francis, tu confirmes ? Merci mon chou.)

                Vous optez évidemment pour la deuxième proposition, prenez votre petite dans vos bras tandis que vous revenez vers Dragibus pour traiter avec lui du cas Shaun. D’une main vous chatouillez Micro-Poulette dont la tête penche, dangereusement alourdie par le sommeil, et lui chantez des chansons rythmées, genre « tiens voilà du boudin » ou encore « chaud cacao », tout en sautillant. De l’autre main, vous saisissez un objet posé bien haut sur une étagère, à l’abri des petites mains visqueuses et poisseuses de vos pensionnaires.

                Dragibus suçote son pouce et vous fixe toujours façon Chucky. Qui sait ce qu’il peut bien vous faire si vous n’obtempérez pas ? Soudain une voix retentit de nulle part :

                — Waw ! Tu vas finir par mettre Shaun, oui ou l’Herbe !?

    Vous êtes sciée, n’en croyez pas vos oreilles. Dragibus a toujours le pouce enfoncé jusqu’aux amygdales et s’est exprimé avec l’éloquence d’un haut dignitaire de la Principauté d’Andorre ! Cet enfant vous bluffe, c’est bel et bien un Gragibus (rappel de produit). Quelles capacités il a quand il y met du sien !

                Passons sur le langage fleuri et revenons à nos moutons. Vous saisissez l’objet tant convoité par votre fils, lorsque vous réalisez que Micro-Poulette s’est endormie dans vos bras. Vous soupirez bruyamment à la pensée de votre après-midi qui risque d’être flinguée, et allez la poser dans son lit en vous promettant d’aller la pincer réveiller délicatement dans les trente minutes, histoire d’avoir un peu de répit tout de même. C’est que vous avez des choses à faire, ne serait-ce qu’écrire des billets bizarres pour votre tout nouveau blog.

                Vous redescendez au rez de chaussée et trouvez un Dragibus menaçant au bas de l’escalier. Ce qui le met dans cet été carrément flippant, me demanderez-vous ? C’est le cas Shaun

                Le cas Shaun ? John Fitzgerald Kennedy a eu son cas Lee Harvey Oswald. Laura Ingalls, le cas Nelly Olson. Luke Skywalker, le cas Dark Vador, et Harry Potter celui de Voldemort... Les Six in the city ont : le cas Shaun.

                Vous retournez donc près de l’étagère susnommée, Dragibus à vos basques, et attrapez Shaun. Votre fils entame une danse de la joie, mi-High School Musical, mi-DirtyDancienne. La lumière se tamise instantanément, un projecteur sort de nulle part et met en valeur son déhanché incroyable : il est fou de joie ! Il exulte ! Il explose ! Il est galvanisé par la perspective de regarder Shaun le Mouton.

    (Note de l’auteur : j’en vois au fond de la salle, oui à coté de toi Francis, qui pensait que je parlais de Shaun of the Dead. Non mais sans rire... Un truc de zombie ? T’es sérieux deux minutes ? J’ai quatre gamins de moins de sept ans moi ! Déjà avec Oui-Oui et Sid le petit scientifique j’ai droit à trois cauchemars par nuit, alors tu penses vraiment que je maso, mon ami ? Fêlée oui, je te le concède aisément, mais maso, non. Je ne te permets pas)

                Shaun le Mouton... Shaun est un ovin, un mouton (si tu préfères ou si tu as un peu de mal avec la langue française), de la race Suffolk. D’après la jaquette du DVD, il – je cite – « frise le délire ». Au cas où tu n’auras pas saisi le jeu de mots, avec la toison d’un mouton on fait de la laine (pour ton pull l’hiver) et des fois j’imagine que la toison peut friser, je pense je ne m’y connais pas des masses en mouton. Jeu de mot, donc.

                Shaun le mouton est plutôt sympa au demeurant. Genre, le gars rigolo, toujours prêt à faire de bonnes blagues au fermier. Il est à la tête d’un troupeau de déjantés, s’est acoquiné avec le chien de berger et livre des batailles sans merci aux cochons (de vraies enflures) et au chat (une teigne). En Guest, je me souviens avoir vu des canards, et, ah oui, un taureau. Dragibus adore d’ailleurs le taureau.

                Vous me direz qu’un mouton délirant chez les Six in the city, ça s’accorde pas mal. Ca dépareille pas trop, il est plutôt bien tombé chez nous l’animal. Pour ceux qui ne connaissent pas, il est tout droit sorti de l’imagination des créateurs de Wallace et Gromitt, donc qualitatif le DVD.

                Alors je vous vois déjà me détailler avec vos yeux de Merlan-Frites/Mayonnaise...

                — Reine-Mère quel est ton problème ? Si le petit aime bien Shaun et qu’en plus c’est un mouton assez cool, qu’est ce qui ne va pas ?

             Alors comment vous dire, mes petits bouchons, dans les grandes lignes je dirais que ça va. C’est plutôt, de se LE TAPER TROIS HEURES PAR JOUR SOUS PEINE DE CRISES D’HYSTÉRIE, qui ne va pas.

              Voilà où est le problème... Détail peut être, mais détail pesant, vous me l’accorderez... N’allez pas vous imaginer que je pense qu’ailleurs l’herbe est plus verte que sous les pattes de Shaun. Non, je sais bien dans chaque chaumière il y a un DVD-Boulet. Là, Dora. Ici, les Télétubbies. Derrière-moi, ce sera Sam le Pompier, et chez toi Francis ? Chasse Pêche Nature et Traditions ? WAW ! Rappelle moi de ne pas venir si tu m’invites, Francis. Ok ? Raymond acquiesce ? Chez toi, c’est... Bonne nuit les Petits ? Pas tous jeunes tes enfants, Raymond.

                Vous aurez saisi le problème : j’adore Shaun, on s’entend hyper bien, mais il squatte beaucoup trop mon salon. Et c’est que ça crotte pas mal ce genre de bestioles, en plus.

                Au début je n’ai rien dit, car je trouvais que par rapport aux autres familles, avec Shaun on s’en tirait pas si mal. Pas de dialogue, des musiques sympa et variées, hormis le générique qui revient entre chaque épisode (ils ont un problème de santé mentale les concepteurs de DVD enfants ?) et surtout une animation bourrée d’humour. Second voire troisième, voire quatrième degré, tout à fait adapté aux adultes, et comme tu l’auras je l’espère pense compris, la Reine-Mère elle fait pas vraiment dans le premier.

                Qualitativement je valide, je plussoie. Je donne volontiers la norme ISO 34524 à Shaun le mouton, mais bon sang !! Qui peut bien tenir avec ça en fond sonore toute la journée ? Pourtant, je limite au maximum, et essaye de tenir mes pensionnaires le plus souvent éloignés de cet objet par trop cathodique, mais avec Shaun impossible ! Je pense sincèrement qu’il se sent bien chez nous et qu’il songe à demander l’asile politique. Alors il balance des messages subliminaux à Dragibus... Je sais c’est un peu tiré par les cheveux mais je ne vois que ça...

                Ce jour-là, je me souviens de l’instant où tout a basculé.

    (Note de l’auteur : Vous avez remarqué que dans mes histoires, il y a toujours un moment où ça bascule)

                Micro-Poulette dormait depuis trente-cinq minutes (Outch !!! Attention au timing !!) et Dragibus regardait Shaun et ses copains voler le scooter d’un livreur de pizza. Rien de bien extraordinaire jusque là.

                Je récurais le plat à gratin qui n’avait pas voulu céder aux avances de mon lave vaisselle Bosch en pensant à Brad et George, lorsque soudain, la sonnerie du téléphone fixe retentit. Tu sais bien, le téléphone que tout le monde utilisait avant le portable, et que maintenant t’en as un mais tu sais même plus pourquoi. Donc quand il sonne, tu cherches d’où vient la sonnerie et tu te tapes le front en ricanant.

                — Ben voui, c’est qu’on a encore un téléphone fixe !

                Le fait qu’il sonne déjà c’est suspect en soi. Mais le fait que quelqu’un cherche à te joindre par ce biais l’est encore plus. Soit ton portable est sur silencieux ou en dérangement et on cherche à te joindre d’urgence, soit c’est l’école à qui tu as refilé ce numéro, histoire de filtrer le type d’urgence avant de dire si oui, tu peux venir chercher ta fille, ou pas. Ou sinon, tu peux encore avoir à faire à des démarcheurs, mais j’ai de la chance ça m’arrive rarement.

                Là, c’était la sécu... Oui mon petit poulet. Brigitte Fontenoy, chargée des rattachements de personnes sur le foyer. Elle me félicite, la famille va s’agrandir ! Je l’assure du contraire : plutôt me faire tatouer un flash code relié à l’ile de la tentation sur le front. Je repense au directeur de la clinique que je suis allée visitée la veille (rappel produit). Il a du raconter n’importe quoi, non vraiment Mme Brigitte, excuse-moi mais je ne saisis pas.

                En une phrase, elle m’asséna le coup de grâce.

                — C’est rapport à Shaun le ...

                — ... Mouton, je termine en m’asseyant avec une grâce toute relative sur le carrelage de ma cuisine.

                — C’est bien cela Mme Six in the City, le petit Shaun. On le met sur votre numéro de Sécurité sociale ou sur celui de Papa Schultz ?

                Je vous fais grâce de l’endroit où je l’ai priée de mettre Shaun. Il y a des enfants dans la salle et Francis se sent mal.

                Après le déjeuner, nous avons joué tous les trois, lu des livres... Mes enfants rayonnaient et nageaient dans le bonheur, puis il fut temps d’aller faire un petit DODO !

                Lorsque Dragibus et Micro-Poulette furent profondément partis twitter avec @morphée et @lemarchanddesable, je pris mon ordinateur portable et décidai de m’installer dans mon salon pour écrire un billet à mes 143 amis Facebook. J’en suis à hésiter encore, dois-je montrer à toutes ces personnes à quel point la Reine-Mère à un grain ? Ils vont fuir et je ne pourrais pas les en blâmer. Je m’apprête à m’asseoir sur mon canapé en cuir (que Numérobis a gravé à son nom quelques temps auparavant, à l’aide d’un bâtonnet de sucette) et je sens quelque chose sous mes fesses. Une patte.

                Shaun le Mouton himself. Sur MON canapé. La tête posée sur MON coussin, en train de siroter une bière, la télécommande à la main. À la cool, l’ovidé. Il s’apprête à zapper sur une émission animalière passant sur je ne sais quelle obscure chaine de la TNT, et bêle comme un beau diable.

                — Chut !!!! Je lui hurle, tu vas réveiller les petits !

                Je vois bien qu’il est déstabilisé par mon ton menaçant. Il comptait sur l’effet de surprise pour avoir l’ascendant sur moi, mais il ne sait vraisemblablement pas de quoi est capable une mère qui à peur de se faire ruiner son heure de tranquillité. (Toutes le mamans me comprennent j’en suis certaine. Oui, toi aussi Francis, ok.)

                Je le choppe par le collier, sa clochette tintinnabule, et de toutes mes forces je l’envoie valser vers l’écran de la télé. Il tente de l’éteindre avec la télécommande mais manque son coup, j’esquive un violent coup de patte et le propulse sur le côté : il se fait aspirer par l’émission de Sophie Davant.

                Je prends soin de lui hurler, mêlant la parole au geste, que je suis super balaise en tajine, et contemple un beau bordel sur le plateau de France 2. Rapidement j’éteins la TV, et reprends mon souffle. Je crois qu’il a compris qui était le patron.

     

    Je vous mets sa petite tête ici. 

    Le cas Shaun

     

    Déjà parce que tant qu’il ne s’invite pas chez vous, il est très sympa, et aussi parce qu’il n’y a PAS DE RAISON QUE JE SOIS LA SEULE A ME LE COLTINER TROIS HEURES PAR JOUR !

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Tu seras chou et tes cils pousseront à la vitesse de la lumière !

     


    2 commentaires
  •  

    Rappel de Produit

               

                 Hier matin, 06h30, j’étais en train  de prendre un Nespresso avec Georges (enfin j’avais commandé un thé car je ne bois jamais de café, ça énerve et je n’ai pas besoin de ça, mais passons, le principal est ailleurs). George était en train de se ramener un plateau à la main : un Volluto pour lui, un thé de Noël pour moi, et nous allions évoquer notre projet commun d’élevage de lamas.

                Tout se passait formidablement bien. Nous venions d’apprendre que notre  financement Sofinco avait été accepté et avions arrêté le choix la race des Lamas : des Guanacos. Une voiture ralentit devant nous et la vitre s’abaissa. Brad était venu nous rejoindre, il commanda un Ristretto.  « Très corsé le Ristretto ! », je lui fais remarquer. Il m’explique alors qu’il s’est pris la tête avec Angélina qui veut déménager cette fois au Mexique, le problème c’est qu’il digère mal Old El Passo. Pas facile la vie.

            Je passais un moment très sympa, vous l’aurez compris, lorsque, loin derrière moi, il me sembla entendre des hurlements. Je me cache la tête sous mon oreiller, tente de reprendre la conversation un petit moment, mais doit vite me rendre à l’évidence : Papa Schultz est trop profondément endormi (peut être bien en train de prendre une camomille avec Natalie Portman) et Dragibus est bien décidé à me saper LE rêve de l’année.

            Je m’excuse auprès des garçons, leur donne rendez-vous pour le soir même sans trop y croire, me réveille et essaye de placer mes yeux en face de leurs orbites. Je m’assois sur le bord du lit, m’étire rapidement pour ne pas ma claquer et c’est parti : but de la manœuvre, faire taire Dragibus et le garder de force avec nous trois petits quart d’heure, histoire de ne pas réveiller les trois autres, et de repousser un peu l’arrivée de la journée de merde.

                Content de me voir, Dragibus ne pose pas la moindre question et me tend les bras. Je ne tente même pas de parlementer, l’attrape et direction la chambre parentale. Allongé entre ses parents, il est tout heureux et suçote son pouce sans rien dire. Deux minutes. Ensuite ça dégénère. Doigts dans le nez (le mien), dans les oreilles (les miennes), coups de pied dans le ventre (toujours le mien, sinon il serait hyper souple) et gigotage dans tous les sens (note de l’auteur : penser à acheter du vermifuge). Après deux ou trois menaces, il finit par se calmer et resuçote son pouce tranquillement. Trois minutes.

                —Elle est voù ma killère ? 

                —Hein ?

                —Elle est voù ma killère ?

                —Chut !

                —Elle est voù ma killère ?

                —Dors !!!

                —Elle est voù ma killèreuhhhh !!!

                —Déjà on dit cuillère et j’en sais Floutre Rien !

    (Note bien que j’ai dit Floutre Rien, et non autre chose.)

                —Ti allume la loumière ? Elle est voù ma killèreuhhh ! Ze veux ma killèreuhh !

               

    Je comprends qu’il est inutile de lutter contre la cuillère, j’aurais du le savoir, me lève et vais farfouiller un peu partout dans le lit de Dragibus, jusqu’à trouver ledit instrument.

                La cuillère ? me direz-vous. LA cuillère... LA CUILLÈRE !!! Un très bel objet, comme dirait Pierre Bellemare, offert par La Redoute en cadeau, que tu ne sais même pas pourquoi tu reçois ça, car t’as rien demandé : un lot de cuillères à Moka.

                Est ce que quelqu’un dans la salle boit du MOKA ?

                Francis au fond ? Une fois chez ta belle-mère ? Ok. Voilà, voilà. J’ai un magnifique service de cuillères à Moka, et Dragibus en est fou d’amour. Je sais pertinemment que chaque enfant est diffèrent, et le trait de caractère le plus remarquable de notre petit troisième est qu’il obstiné et têtu (et fourbe, nan, j’déconne).

                Par phases, qui peuvent durer plusieurs semaines, il trimballe nuit et jour un objet, minuscule de préférence, d’où la cuillère à Moka et non à soupe. Il le perd plus que régulièrement - c’est plus sympa - et la famille Six in the City suspend son souffle jusqu’à ce qu’un des membres ait miraculeusement retrouvé le bidule.

                Pour vous donner une idée, en décembre, nous avons eu la période jeton de caddy Intermarché. Sans déconner. Dragibus prenait son bain avec. Il mangeait avec. En ballade, il le conservait religieusement dans la poche de son pantalon, et il a fallu vraiment se battre à la halte garderie pour qu’il accepte de le laisser dans son sac à dos.

                Ce coup là, j’ai été finaude : je suis allée faire un stock. Où ça ? Ben chez Intermarché, t’as pas suivi ? Je pense que les types de la sécurité se repassent encore les bandes : « Qui est cette timbrée qui vient depuis plusieurs jours prendre des jetons de caddy dans le vase à l’accueil et repars ? ». Parce que le pire c’est que je n’ai jamais compris comment il était tombé sur ce jeton Intermarché. J’y vais pas moi chez Intermarché. Force est de constater qu’ils sont super forts en markéting.

                Tout ça pour dire qu’en ce moment, c’est la cuillère à Moka. À 6h30 du matin, mais ça peut le faire vers 02h00 aussi s’il est dans un bon jour.

                Je vous passe la tête de ravi de la crèche qu’il fait lorsque je lui ramène le Graal, il la prend, la caresse et je suis quasi sûre de l’avoir entendu murmuré « mon précieux.... »

                C’est à ce moment que ma journée prend un tour nouveau. Dans un éclair de lucidité, je réalise que c’est un comportement terriblement suspect, nous avons un problème de taille. Nous nous sommes fait avoir sur la marchandise, mais n’allons pas nous laisser faire sans agir. Le modèle Dragibus a bel et bien un vice de forme, et je vais demander un rappel de produit.

                Une fois toute notre petite troupe levée, entre deux couches, deux bols et deux biberons, je consulte ma moitié qui tombe des nues mais ne peut qu’acquiescer : c’est une évidence il s’est forcément passé quelque chose à un moment donné, mais le résultat est là, nous sommes en possession d’un Dragibus défaillant.

                Nous consultons rapidement le Dieu Google et examinons les réponses qui nous sont proposées. Aussitôt nous tombons d’accord, Papa Schultz montre du doigt l’écran : « C’est un Fragibus »

                Le Fragibus est une espèce qui ressemble à s’y méprendre au Dragibus. Les différences semblent ténues au premier abord, mais se révèlent plus que pesantes au quotidien. Le Fragibus trépigne pas mal, se prend souvent pour un animal domestique, (chat, chien, ou dinosaure). Il est assez violent avec les Micro-Poulettes et se nourrit exclusivement de pâtes et de tomates cerise.

                — Comment être certain que c’est de cela qu’il s’agit ? me direz-vous

                Le doûte pourrait être possible, je vous le concède, si ce n’est qu’il est écrit pixels noirs sur écran blanc : le Fragibus est obsédé par les micro-objets.

                « On est pas foutus ! » dis-je à un Papa Schultz aussi déconfit que moi.

                Nous partons retrouver notre progéniture et mon regard se pose sur Fragibus en train d’installer sa cuillère à Moka dans sa petite poussette, et de positionner avec toute la délicatesse qui le caractérise, un bavoir sur le manche.

                Cette seconde fut décisive : je me dois d’agir. Une fois Pretty-Poulette et Numérobis déposés à l’école, je me rends à la halte-Garderie et laisse mes deux derniers pour la matinée. En temps normal, ces demi-journées sont synonymes de fête et exaltation. Aujourd’hui, pas de récréation pour la Reine-Mère, elle a un point primordial à éclaircir et elle ne doit pas perdre une seconde.

                Je remonte dans ma voiture et prend une route que je ne connais que trop bien : celle de la maternité.

                J’arrive sur la parking bondé et une place se libère juste devant moi, un homme me regarde écarquille les yeux, et me cède sa place. Je sors de la voiture et avance d’un pas plus que décidé vers le hall d’entrée. Je sens bien que tous les regards convergent sur moi. Les gens s’agenouillent, certains s’évanouissent, une petite ingénue tente même de me faire signer un autographe. Je suis en terrain conquis, pensez vous, quatre accouchements en six ans, il y a une plaque à mon nom sur le mur d’honneur.

                J’ignore mes fans façon diva et fonce vers l’accueil. Un homme se presse jusqu’à moi et tente un baisemain :

                — Mme Six in the city ! Si vous aviez annoncé votre venue, j’aurais mis mon habit d’apparat.

                — Le directeur, tout de suite.

                — Mais, Reine Mère ?

                — Waw ! Tout doux l’ami ! D’où tu m’appelles par mon prénom, mon petit chat ? On n’a pas volé les mobylettes ensemble, il me semble...

                — Je vous prie de bien vouloir m’excuser Sainte Femme. Oh ! Six in the city Vénérée !

     

    (Note de l’auteur : Désolée, mais si je ne fais pas ça ici, je ne le ferais nulle part. Alors ça pose un problème à quelqu’un ??? Francis au fond de la salle ??? Tu as un truc à dire ? Non ? Très bien.)

     

                —Appelez moi le Directeur.

                —Mais, Mme Six in the City, je suis vraiment désolée, mais je ne connais pas le directeur de la MAAF.

                —Non mais tu le fais exprès, mon poulet ? Le directeur de la maternité.

     

    Le pauvre homme, visiblement limité, se frappe le front du plat de la main et me guide dans un dédale de couloir jusqu’à une porte dorée. Il tape quatre coups sec de sa chevalière, suivant un code bien particulier, et nous entendons une voix aigrelette nous sommer d’entrer.

                Lorsqu’il me voit, le Directeur saute sur ses deux pieds et s’avance d’un pas vif jusqu’à moi en me tendant une main obligée.

                — Mme Six in the City !!! Vous pouvez nous laisser James. Quel bon vent nous amène... J’y suis, vous attendez le cinquième !

                — Vous n’y êtes pas du tout ! J’aimerai encore mieux avoir dans la seconde les bras en mousse. Et j’en profite pour vous faire remarquer que ça fait trois mois que j’ai pas touché à un Pepito, ni même vu l’ombre d’une tagada, c’est pas très sympa de votre part...

                — Toutes mes excuses, Mme Six in the city. Une si bonne cliente, je pensais... J’allais vous proposer notre chambre lagon pour la prochaine fois.

                — Oui, ben tu pensais mal. Je ne suis pas là pour ça, mais pour éclaircir quelques points douteux concernant Dragibus.

                — Le cher petit... Comment va t’il ? Toujours accro aux chaussures des Barbie de Pretty-Poulette ?

              — Non, c’est de l’histoire ancienne. Depuis il y a eu les jetons Intermarché, une clé de boite aux lettres, et maintenant ce sont les cuillères à Moka. C’est bien ça le problème M. le Directeur.

                — J’ai peur de ne pas saisir ?

                — Je crois bien que vous nous avez refourgué un Fragibus.

                — Grands Dieux non ! Vous n’y pensez pas !

                — J’y pense chaque seconde depuis ce matin, mon petit lapin. Et ça ne va pas se passer comme ça, mon petit chat ! (T’as vu les rimes !)

                — Un établissement de notre renommée ! Nous vous avons fourni de si beaux enfants, tous élevés à l’air et au bon grain.

                — N’essaye même pas de m’endormir, mon petit tapir. Je sais d’où ils sortent mes pensionnaires, je les ai bien sentis. Le problème vient de chez vous, vous nous l’avez endommagé en activant la fonction Fragibus, et vous êtes bien gardés de nous le dire. Mon gars, ta clinique, je vais en faire du petit bois pour ma cheminée.

                S’en suivent dix minutes de conversation technique. Je comprends que le pauvre n’entrave pas grand chose, et il finit par me conseiller de m’en remettre au Grand Manitou : Mme Sage-femme en chef. Si quelqu’un peut me renseigner, c’est bien elle.

                Il fait demander James qui me conduit jusqu’au bureau où consulte cette sommité du monde maternel. Le pauvre type essaye de me faire la conversation mais je suis trop préoccupée pour l’écouter et il est tellement soporifique qu’il endormirait un fumeur de crack en plein trip.

                Arrivés devant ledit bureau, je congédie le pauvre homme et frappe à la porte. Une voix rauque m’invite à entrer. La pièce est mal éclairée. Je devine une silhouette. Une petite femme me tourne le dos, elle fume un cigarillo et ne se donne pas la peine de se retourner.

                — Madame Six in the City... J’espérais tant vous rencontrer un jour en personne...

                — Moi pas vraiment, mais c’est pas grave.

                — Vous vous êtes donc rendue compte par vous même, c’est cela...

                — Vous avouez ? Vous m’avez bien refourgué, un Fragibus, complètement monomaniaque comme sa mère ?!!

                Elle fait volte face et plante ses yeux dans les miens :

                — Pas exactement... Dragibus est un être très particulier.

                — Ah ben merci, j’avais remarqué. C’est qu’il nous en fait voir de toutes les couleurs. Merci bien, les deux ans. Terrible Two et compagnie qu’ils disaient... Castrophic Two oui !! Moi je demande un rappel de produit

                — Vous avez bien mis le doigt là où le bas blesse, Reine Mère... Je peux vous appeler Reine-Mère ?

                — Oh, ben au point où on est hein...

                — Vous êtes bien repartis avec un Dragibus... seulement...

    (Musique stressante de circonstance. Gros plan sur sa bouche. Noir et blanc. Fondu d’image qui va bien)

                — Il a évolué...

                — Non !!!!!

                — En Gragibus...

     

                Je ne me rappelle plus de grand chose après cette annonce. J’ai du crier, baver, convulser, m’évanouir. Un brancardier aux faux airs de Jude Law (sur le moment, car au réveil c’était plutôt Jude Laid) m’a emmené jusqu’en salle de soins intensifs. C’est quelques longues minutes plus tard que Mme Sage Femme en Chef est venue à mon chevet.

                — D’après tout ce que vous m’avez écrit, Dragibus fait effectivement sa crise des terrible Two, mais aussi celle des Fucking Four...

                — C’est pour cela qu’il a évolué ?

                — Pas seulement. Il a entamé, sa préadolescence en zappant l’âge de raison. Et je crois qu’il se dirige actuellement vers la puberté précoce, la crise de la quarantaine et la ménopause de façon concomitante.

                — Mais ???

                — Ne me demandez pas de vous expliquer, c’est extrêmement complexe... A base de vecteurs et de logarithmes népériens. Même Sheldon Cooper n’a pas tout  saisi.

                — Diantre ! C’est du sarcasme ? Et ça va... durer longtemps ?

                — Je dirais... une trentaine d’années. Mais voyez plutôt cela comme une chance, les Gragibus sont des êtres d’exception : ce type d’évolution se produit uniquement dans un environnement propice. C’est extrêmement rare. Le Gragibus va chercher dans les 250 points de puissance. Bon ok, autant en points d’emmerdements, surtout à l’adolescence...

                —Ah oui quand même...

     

                Je quitte la clinique un peu perdue.

                Je passe à la halte garderie chercher Micro-Poulette et mon évolution de Dragibus. La petite dernière fonce vers moi à quatre pattes et Dragibus me saute dans les bras.

                Ils ont du se planter, mis à part une moustache de chocolat, il n’a pas changé...

                C’est alors qu’il me sourit et tire sur mon écharpe :

     

                — Elle est voù ma killère ?

     #tusaiscequejenpensedescuillèresàmoka

    ©Sixinthecity     

    Si tu m'aimes, dis le moi : Like la page Facebook et partage avec tes petits amis. 

    Tu seras chou et tu sentiras la violette (ou la rose, au choix) pendant deux semaines !

               

     

     

     


    7 commentaires